Belgique Les parcs d’attractions deviennent le terrain des partis pour faire campagne

Ce samedi 1er septembre, une maman a eu une surprise en arrivant, ses deux fillettes à sa suite, à l’entrée du parc Plopsaland/La Panne.

"J’ai marqué un arrêt et j’ai regardé la copine qui nous accompagnait." La jeune trentenaire ne masque pas sa stupeur et s’exclame : "Qu’est ce que le Vlaams Belang fiche devant le parc ?" Alice (prénom d’emprunt) souhaite conserver son anonymat. Elle craint en effet " d’éventuelles représailles " suite à l’ADN "extrémiste" du Vlaams Belang.

Elle décrit les installations du mouvement politique d’extrême droite comme se résumant à deux stands : un à l’entrée, et l’autre à l’intérieur. Ces stands avaient pour but de vendre des t-shirts, des drapeaux ou distribuer des t-shirts. "Ils avaient l’air d’organiser une journée pour leurs adhérents" nous explique la maman. "Mais mon avis, c’est qu’ils n’ont rien à faire dans un parc d’attractions. Ou s’ils veulent venir, ils viennent en groupe comme quand on vient nous, avec des copines ou un mouvement. Mais ils restent discrets. Sans revendiquer une appartenance religieuse, politique, ou autre."

L’opinion de la jeune femme est sans équivoque. Pour elle, ce n’est pas le fait que ce soit le Vlaams Belang qui était gênant. Elle souligne d’ailleurs qu’elle n’a eu connaissance d’aucun débordement. Toutefois, suite à la taille du parc et à la forte affluence de visiteurs ce jour-là, elle ne peut assurer avoir eu conscience de l’environnement à chaque seconde. La vraie problématique est "qu’un parti politique n’a rien à faire dans un parc d’attractions pour enfants".

Elle ne perçoit pas la raison du tel choix : "Ici, ce ne sont pas les électeurs de demain qu’ils touchent. Ce sont ceux de dans 10 ans ! Et encore!" Les préoccupations citoyennes et politiques sont donc encore loin des têtes rêveuses de nos bambins.

La jeune femme explique que son avis est valable pour l’ensemble des partis politiques belges. " Interdire sous prétexte que c’est l’extrême droite et autoriser les autres est inutile. Je trouve que ce serait même discriminant. Puis, les trois quarts des enfants n’ont certainement pas compris de qui il s’agissait."

Un couple à la sortie a confié à l’amie accompagnatrice qu’il s’était parfois senti jugé, les deux jeunes gens se qualifiant eux-mêmes d’origine étrangère. Ce sur quoi Alice (prénom d’emprunt) rebondit : "Il y a eu des regards déplaisants envers mes deux petites filles. Elles sont métisses. Je faisais peut-être plus attention puisqu’ils portaient un t-shirt distinctif. Mais pour moi, porter ce t-shirt, ça revient à mettre l’uniforme. À revendiquer certains idéaux et les trouver plus légitimes parce qu’ils sont plusieurs à les afficher."

Contacté par nos soins, le parc Plopsaland/La Panne n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.