Belgique

Après s'être laissé désirer pendant plus de dix jours, Herman Van Rompuy est désormais en position de force par rapport à ses partenaires. Il le sait. Mieux : il le montre. Dès ce lundi, c'est lui qui a imprimé le tempo, travaillant dans la discrétion mais dans un lieu connu de tous à la mise en place de sa future équipe.

Préférer régler d'entrée de jeu certains éléments cruciaux qui ne tarderont pas à revenir sur la route de la coalition fédérale est un choix de raison. On n'ergotera pas sur le fait que ces discussions d'hier auront semblé porter finalement bien plus sur les contours d'une présidence d'assemblée ou d'une commission d'enquête que sur des dossiers sociaux et économiques concrets pour le citoyen. C'est là malheureusement le lot de toute négociation politique : marquer des points pour son camp, et surtout éviter d'en encaisser. Et en la matière, lorsque les députés auront à se pencher sur la façon concrète dont s'est mené le sauvetage de Fortis, certains partis - le CD&V largement en tête - ont clairement des choses à perdre.

Mais il est au moins un élément que les négociateurs n'auront pas pu solutionner ensemble ce lundi, c'est celui de la confiance, qui fait défaut au sommet de l'Etat depuis la sortie des urnes, en juin 2007.

Sans un minimum de considération, de respect et de partenariats possibles, aucune politique d'ampleur ne pourra pourtant être menée pour tenter d'endiguer la grave crise financière du moment. Restaurer ce climat, décrisper les relations et faire se réconcilier les hommes, ce sera sans doute l'une des tâches les plus ardues qui attend Herman Van Rompuy. Et à six mois des élections régionales, la bataille est loin d'être gagnée...



© La Dernière Heure 2008