Les "appart’hotels" ciblés par le PS

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Belgique

M. Ouriaglhi veut mettre fin au flou juridique de ces locations en plein boom

BRUXELLES De par son statut de capitale européenne, Bruxelles a vu, ces dernières années, un nombre croissant de congressistes, lobbyistes et autres stagiaires débarquer en ses murs.

Des visiteurs qui restent souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Un laps de temps qui est trop court pour trouver un appartement ou un studio en location, mais trop long pour un séjour à l’hôtel. Du coup, un nouveau type de location a vu le jour : il s’agit d’une formule de logement entre l’hôtel et l’appartement meublé individuel, nommé "appart’hotels".

Les prix se situant entre les deux zones, puisqu’un appart’hotel coûte en moyenne 1600 euros par mois, soit 25 à 30 % plus onéreux qu’une location classique, mais beaucoup moins qu’un séjour dans un palace.

La Libre Belgique explique que ce phénomène explose à Bruxelles. Il compterait, selon une étude de l’association des hôtels bruxellois entre 5 000 à 6 000 appart’hotels, soit, d’après le député régional M. Ouriaghli (PS) "près de 10 % de l’ensemble du marché locatif" de la capitale belge. Mais il y a un problème de taille : ces logements ne sont classés dans aucune catégorie juridique ou administrative précise. Ainsi, ils ne rentrent dans aucune case du décret du 9 novembre 1990 du Conseil de la Communauté française. Ce que dénonce le secteur hôtelier qui parle de "concurrence déloyale".

Selon ce dernier, les appart’hotels, bien que proposant des chambres à la nuit, ne sont ainsi pas tenus de se conformer aux normes de confort et sécurité imposées aux hôtels classiques. Bref, selon Mohamed Ouriaghli, il est temps que cela change. "Ce phénomène ne va faire que croître, explique-t-il. Or si les appart’hotels ne sont pas encadrés par les pouvoirs publics, ils ne feront qu’aggraver la crise du logement à Bruxelles. Surtout en cette période de boom démographique et de récession économique".

Le député bruxellois a ainsi récemment interpellé le ministre-président de la Cocof (Commission communautaire francophone), Charles Picqué, également PS, sur le sujet. Mais ce dernier, bien que conscient du problème, s’estime "incompétent" en la matière et dit attendre la "régionalisation prochaine" du tourisme pour intervenir. "On ne peut que déplorer son laxisme alors qu’il devrait prendre ce problème à bras-le-corps", peste M. Ouriaghli. Il faut agir dès maintenant pour d’une part établir une définition de ce qu’est un appart’hotel et d’autre part encadrer leur gestion et ralentir leur prolifération". Selon le député PS, une modification du décret relatif aux conditions d’exploitation des établissements d’hébergement et des établissements hôteliers devrait constituer "un premier levier".

© La Dernière Heure 2012

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