Belgique Les profs, coachs sportifs ou agents communaux ou assistants sociaux formés.

Des plateformes anti-radicalisation violente créées dans les communes wallonnes. C’est la volonté de la ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue(MR), qui va ainsi mettre en œuvre une partie importante du plan anti-radicalisme annoncé par Willy Borsus, son ministre-président.

L’appel à projets 2018 "prévention de la radicalisation violente" doit être validé par le gouvernement wallon ce jeudi matin. Deux millions d’euros de subsides devraient être attribués en vue de l’année prochaine.

En pratique, cela permettra aux communes qui le souhaitent de présenter des projets de lutte contre la radicalisation, et d’obtenir des budgets pour les mettre en place. Un plan radicalisme avait déjà été initié par le gouvernement PS-CDH.

Mais certains des programmes lancés dans les communes, orientés sur l’amélioration du cadre de vie ou le vivre-ensemble, n’avaient pas forcément à voir avec la lutte contre la radicalisation. "La volonté de Valérie De Bue est clairement de réorienter les projets vers la radicalisation violente et la prévention", nous précise Ingrid Kempineers, sa porte-parole.

Selon nos informations, le cadre prévoira de créer des plateformes de concertation pour réunir un groupe de personnes formées pour détecter les phases de radicalisation, échanger l’information et lutter contre ce phénomène.

Différents acteurs communaux pourront participer à ces formations pour adhérer à la plateforme : les agents communaux, les assistants sociaux, les travailleurs des CPAS, ou encore les policiers. Et même des instituteurs, professeurs, ou infirmières ! "L’objectif, c’est de permettre aux personnes qui se trouvent en contact le plus direct avec la population, par exemple un coach de foot, de détecter une phase de radicalisation violente, et de partager l’information, reprend le cabinet De Bue. Pour que quand ils détectent certains signes, des clignotants s’allument chez eux. Tout le monde peut être concerné. Et chaque commune pourra évaluer cela, voir où mettre l’accent."

Reste que ce changement d’orientation par rapport aux précédents projets suscite la crainte de communes qui avaient déjà lancé un projet anti-radicalisme. Les subventions pour les projets de lutte contre le radicalisme lancés dans 24 communes wallonnes ont en effet été stoppées ce 30 novembre. Ainsi, un ambitieux projet de lutte contre la radicalisation sur les réseaux sociaux, mené à Aiseau-Presles et Farciennes, a notamment vu son financement suspendu par la Région wallonne.

Enterrés, ces projets ? "Les communes qui pourront prouver qu’elles peuvent lutter contre la radicalisation entreront en ligne de compte pour l’obtention des subventions", conclut le cabinet De Bue selon qui rien ne les empêche de répondre à l’appel à projet pour prolonger leur mission. Pour peu qu’elle rentre dans le nouveau cadre…