Belgique Pas moins de 652.338 Belges ont travaillé en 2016 via le secteur de l’intérim. Un nouveau record après celui de 2015.

Le secteur de l’intérim n’a jamais eu autant le vent en poupe en Belgique que lors de l’année 2016. Quelque 652.338 personnes ont ainsi eu recours, l’année dernière, aux services des agences spécialisées dans la mise à l’emploi. Il s’agit d’un nouveau record après les chiffres déjà historiques de 2015, lesquels étaient inférieurs de 43.747 unités. Environ 420.000 de ces intérimaires sont des travailleurs assujettis à l’ONSS, tandis que 233.000 autres ont été employés sous le statut d’étudiant. Ces chiffres records ont été dévoilés jeudi par la fédération sectorielle Federgon.

"L’année 2015 était déjà une année record et c’est donc de nouveau le cas en 2016. Il y a deux éléments importants à mettre en avant pour expliquer cette hausse croissante : le retour de la croissance économique et le besoin de flexibilité des entreprises. La croissance est repartie depuis un certain temps et elle profite aux entreprises qui embauchent de nouveau. Mais le secteur n’a pas oublié la crise de 2008 et se veut prudent. Engager via le secteur de l’intérim permet aux entreprises de ne pas prendre de risques. Si tout se passe bien, le travailleur est engagé, mais si la santé du secteur ou le nombre de demandes des clients est en baisse, l’entreprise n’est pas en difficulté avec un contrat", explique le directeur général de Federgon Herwig Muyldermans, ajoutant que les 652.338 travailleurs de 2016 ont représenté 109.399 équivalents temps plein.

Industrie, secteur tertiaire, distribution, transport et logistique, construction, mais aussi secteur public : le secteur des emplois dits flexibles a le vent en poupe dans tous les secteurs économiques du pays. La proportion de travailleurs expérimentés ou âgés de plus de 45 ans est en hausse chaque année, représentant en 2016 16,7 % du total. La part des intérimaires de 50 ans et plus a par ailleurs augmenté de 17,2 %, celle des plus de 55 ans bondissant de 21,2 %.

Reste un chiffre interpellant : près de 90 % des contrats intérimaires ont une durée… d’une semaine. Pas moins de 420.000 Belges ont ainsi travaillé, en 2016, avec un mini-contrat. Une durée extrêmement courte mais que Federgon justifie par la nécessité de répondre au besoin de flexibilité émis par les entreprises, celles-ci naviguant dans un environnement toujours plus instable. "Il faut bien comprendre que les entreprises ont de plus en plus besoin de flexibilité. La moyenne des missions intérim dure trois mois, mais il faut donner la possibilité aux entreprises de mettre fin plus tôt à la collaboration si jamais elles n’ont plus besoin des travailleurs", insiste Herwig Muyldermans.

Marc Goblet : "Un outil de flexibilité"

"J’ai toujours considéré que l’intérim devait seulement servir pour un remplacement ou un travail exceptionnel. Aujourd’hui, l’intérim est un outil de flexibilité. Les personnes y travaillant bénéficient des droits de n’importe quel travailleur, tel le 13e mois ou les congés, mais il est clair que travailler sur une période courte posera des difficultés à certains travailleurs. Il y a par exemple des difficultés pour obtenir un prêt. Le calcul de la pension n’est pas facilité, car les salaires varient parfois d’année en année. Certains travailleurs avec un profil recherché comme un électricien pourront avoir un intérêt à l’intérim, mais pas ceux qui sont peu qualifiés. Avec ce système, les entreprises se détachent de leurs responsabilités."

Un million de clients et une hausse de 3 % d’heures prestées pour les titres-services

Le secteur des titres-services continue à avoir le vent en poupe en Belgique, a indiqué jeudi la fédération sectorielle Federgon, faisant état d’une hausse de 2,9 % du volume d’heures prestées en 2016 par rapport à l’année précédente. "Il y a une hausse de près de 3 % du nombre d’heures prestées en 2016 par rapport à l’année passée. Il est aussi question de près de 150.000 travailleurs et d’un million de clients", explique le directeur général de Federgon Herwig Muyldermans.

Le nombre de Bruxellois ayant recours aux titres-services pour bénéficier de prestations ménagères comme le nettoyage, le repassage, la lessive ou la préparation des repas chez les particuliers ne cesse d’augmenter, atteignant ainsi l’an dernier le chiffre record de 108.188, indiquait d’ailleurs La DH au début du mois d’avril. Depuis plusieurs années, le nombre de Bruxellois travaillant grâce au système des titres-services reste, quant à lui, stable, tournant autour des 22.000 personnes.

"On est à plus de 100.000 utilisateurs, ce qui n’est pas rien quand on pense qu’en 2004, il y avait à peine une dizaine de titres-services qui étaient vendus ! Il y a d’une part tout cet argent qui reste dans le circuit officiel et ne devient pas du noir, et puis il y a toutes ces personnes auxquelles le système permet d’avoir un emploi", se félicitait Benoît Cerexhe (cdH), qui connaît bien le sujet pour avoir été près de 10 ans ministre régional de l’Emploi.