Belgique

L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH) a lancé lundi la campagne de sensibilisation intitulée "Maman reste à bord", sous le slogan "Nous sommes heureux de vous annoncer la naissance de Emma. Au boulot ils le sont moins". 

Selon une étude de l'IEFH qui sera publiée prochainement, 3 travailleuses sur 4 ont été confrontées à au moins une forme de discrimination sur base de leur grossesse ou maternité. Pour près d'une travailleuse sur cinq, le droit au congé de maternité n'est pas respecté. La moitié des femmes enceintes qui cherchent du travail ne se portent même pas candidates.

En 2016, la grande majorité des discriminations liées à l'emploi signalées à l'Institut émanaient de femmes (69%). Plus d'un tiers (38%) des signalements en matière d'emploi concernaient la discrimination relative à la grossesse et à la maternité. Sur les 90 signalements relatifs à la grossesse et la maternité en 2016, 33 étaient liés à une fin de relation de travail, 28 aux conditions d'emplois et aux rémunérations et 11 au processus de recrutement.

L'Institut estime que de pareilles pratiques discriminatoires fondées sur le sexe sont courantes. Il remarque que peu de femmes osent faire respecter leurs droits, ayant souvent elles-mêmes intégré les stéréotypes de genre et accepté l'idée que la grossesse et la maternité sont des freins pour leur carrière.

"La grossesse est encore perçue comme une mauvaise nouvelle au travail", explique Michel Pasteel, directeur de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes. "Certains employeurs et collègues ne manifestent aucun soutien à la travailleuse enceinte, ne remplissent pas un certain nombre d'obligations légales pour la protection de la travailleuse et de son enfant, voire même lui font subir un traitement désagréable, inégal, du harcèlement ou la discriminent."

La campagne s'étalera sur trois mois. Des affiches, des cartes postales, des dépliants de sensibilisation et des guides d'information sur la grossesse au travail seront diffusés entre autres dans les hôpitaux, les mutualités et les cabinets médicaux. La campagne se déclinera également sur les réseaux sociaux. Elle vise à déculpabiliser les travailleuses face à la situation de discrimination dont elles sont victimes ainsi qu'à les inciter à s'informer et à déposer un signalement via le numéro vert 0800/12.800.