Belgique

Les militaires battront le pavé le 15 novembre, jour de la fête du Roi, pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la réforme de leur régime de pension validée par le gouvernement le week-end dernier. La CGSP-Défense a confirmé l’information dans la nuit de jeudi à vendredi, demandant à ses affiliés de prendre leurs dispositions pour cette date.

Lors du dernier conclave budgétaire, l’exécutif fédéral a décidé de porter la pension des militaires de 56 ans aujourd’hui à 57 ans en 2018, pour ensuite atteindre progressivement 63 ans en 2030. Le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), avait voulu rassurer ses troupes, mardi, en soulignant que leur métier serait certainement repris dans la liste des métiers pénibles, ce qui leur offrirait certains avantages en fin de carrière. Les discussions à ce propos se tiendront au Comité national des pensions. Pas de quoi, à ce stade, rassurer les quatre organisations syndicales représentatives de la Défense.

Pénibilité du travail

Elles avaient annoncé mardi soir qu’elles se réservaient le droit de manifester le 15 novembre en fonction du résultat des contacts qu’elles souhaitaient avoir avec le Premier ministre Charles Michel (MR) et avec le chef de la Défense Marc Compernol. Elles ont rencontré ce dernier jeudi. Sans grandes avancées. Elles devraient également s’entretenir prochainement avec le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR), pour évoquer la problématique de la pénibilité du travail militaire.

Les syndicats dénoncent aussi l’incohérence entre le plan stratégique du ministre Vandeput qui vise à avoir une armée plus jeune et donc plus facilement déployable en opération, et la réforme des pensions qui entend garder plus longtemps au travail les militaires.

La lettre du général

Le général Compernol a envoyé une lettre d’information, jeudi, au personnel de la Défense. Il y écrit que “le rehaussement de l’âge de la pension est un élément du débat sociétal visant à maintenir le système des pensions durable. Les militaires devront aussi y contribuer de manière raisonnable. Nous devrons nous aussi travailler plus longtemps à l’avenir”. Il ajoute que “différentes pistes seront étudiées pour garantir un travail adapté réalisable jusqu’à l’âge de la pension” et qu’il s’“engage à défendre au maximum les intérêts du personnel et l’opérationnalité de la Défense auprès des autorités politiques”. Les syndicats demandent à voir. En attendant, ils ont donc confirmé leur mouvement de mauvaise humeur lors de la prochaine fête du Roi.

C’est la première fois depuis 2009 – et les contestations contre le plan de restructuration de l’armée de l’ancien ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) – que les militaires mèneront une action syndicale.

Pas de droit de grève

Il s’agira bien d’une manifestation et non d’une grève. Il faut savoir que les soldats n’ont pas le droit de grève. C’est écrit noir sur blanc dans la loi du 28 février 2007 sur le statut des militaires. L’article 175 précise que “toute forme de grève est interdite aux militaires”. Le 15 novembre est d’ailleurs un jour férié pour eux. Enfin, il se chuchote qu’ils pourraient être rejoints par les cheminots, soumis à une réforme similaire de leurs pensions. Eux à qui le congé du 15 novembre avait justement été retiré l’année passée.