Belgique

Retour sur six mois de crise dans les débats télé

BRUXELLES Hier, Controverse (RTL-TVi) avait pour titre : “Plus de six mois de négociations sur fond de crise économique et aucun gouvernement en vue”. Une certitude : libéraux exceptés, tous les partis autour de la table de Pascal Vrebos sont d’accord pour dire que le texte du conciliateur est une bonne base de travail.

Pour Jean-Marc Nollet (Écolo), “la prochaine étape des négociations est intéressante, on va revenir au socio-économique”. Côté SP.A, Bruno Tobback a insisté sur l’importance d’une “responsabilisation fiscale et financière des entités fédérées”, doublée d’une “consolidation du fédéral, avec moins de compétences, mais plus de crédibilité”. Selon lui, si les francophones partagent l’idée d’un État fédéral fort, ils craignent une trop grande autonomie fiscale des Régions.

Entre Flamands et francophones, le désaccord majeur reste la crainte d’un appauvrissement de Bruxelles et de la Wallonie. Ainsi, pour Eric Donckier, du Belang van Limburg, cette peur relève du côté wallon d’un “manque de confiance dans leur propre économie”. Avis que ne partage nullement André Flahaut (PS), qui pointe plutôt l’excès de confiance flamand.

Au même moment, Mise au Point (RTBF) se demandait : “Demain, un vrai gouvernement, une équipe de transition ou des élections ?” Eric Van Rompuy (CD&V) y a affirmé : “Les présidents du PS et de la N-VA doivent conclure un accord.”

Le scepticisme était en revanche de mise chez Olivier Maingain (FDF) qui a une nouvelle fois appelé les négociateurs à se concentrer sur les dossiers socio-économiques. Quant à l’idée d’un gouvernement d’urgence, elle a été catégoriquement rejetée par Eric Van Rompuy et Eric Defoort (cofondateur de la N-VA) : “On ne permettra pas que la nation flamande soit dupe parce qu’elle est fatiguée.”

Pas question toutefois de s’attendre à un gouvernement “sous le sapin”, dixit Francis Delpérée (CDH). De leur côté, les Verts craignent les déclarations du président de la N-VA. “Quand on avance, il met systématiquement une bombe sous la table des négociations”, a déploré Olivier Deleuze (Écolo). Enfin, selon Charles Michel (MR), la Wallonie doit s’attendre à être la grande perdante de ce débat.

André Gilain

© La Dernière Heure 2010