Belgique

Les prisons belges sont "des parkings inhumains", a estimé jeudi matin le président du PS, Elio Di Rupo, sur les ondes de La Première.

L'ancien Premier ministre a appelé à "tenter de tirer des conséquences politiques" de la tuerie de Liège, tout en affirmant ne pas vouloir "politiser le dossier". Lors de son interview, M. Di Rupo a notamment déploré l'absence d'approche de remise en condition des détenus pour la société.

D'après lui, deux tendances s'opposent à ce propos, avec d'une part les partis socialiste et écologiste qui veulent permettre au terme de l'incarcération d'avoir des personnes intégrables dans la société, et d'autre part, "la droite qui veut faire croire que les peines incompressibles sont la solution".

"Sans accompagnement, ces personnes deviennent des bombes humaines. Que les peines soient compressibles ou incompressibles, il faut que quand ces personnes sortent, elles soient intégrables dans la société", a martelé le président des socialistes.

Elio Di Rupo a par ailleurs fustigé le manque d'empathie général du gouvernement fédéral. "La N-VA veut capter les voix notamment de l'extrême droite et elle se montre donc extrêmement dure, proche de la xénophobie. Cela entraîne tout le gouvernement dans cette attitude", a-t-il lancé.

L'ancien Premier ministre a ensuite estimé que la "sécurité totale" ne pouvait pas être atteinte, mais a plaidé pour l'octroi de moyens financiers supplémentaires entre autres aux policiers et aux services de renseignements pour réduire les risques.

En fin d'interview, il est également revenu sur le décès de Mawda, une fillette kurde tuée par un policier lors d'une intervention. "Je n'accable pas le policier, c'est une question d'État. Nous avons une responsabilité morale", a-t-il commenté, avant de se déclarer favorable à une régularisation des parents de Mawda.

La N-VA veut isoler immédiatement chaque détenu radicalisé

La N-VA souhaite que chaque détenu radicalisé soit immédiatement placé en régime d'isolement et fasse l'objet d'un suivi spécifique, a expliqué jeudi Koen Metsu, le président de l'ancienne commission temporaire 'Lutte contre le terrorisme' de la Chambre. "La Sûreté de l'Etat a connaissance de 400 profils à risque dans les prisons", affirme M. Metsu, qui conteste l'approche du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), concernant ces détenus.

"Il veut dans un premier temps les incarcérer dans le régime normal afin d'évaluer ceux qui doivent être mis à part. Je veux que chaque personne avec une pensée terroriste radicale soit d'abord isolée et qu'ensuite on évalue si elle est prête pour le régime habituel", détaille le nationaliste flamand.

Ce dernier affirme par ailleurs ne pas comprendre que la peine maximale pour appartenance à un groupe terroriste ne soit que de cinq ans. "En Belgique, vous pouvez de surcroît être libéré après avoir purgé un tiers de la peine. C'est une période très courte, nous devons l'utiliser au maximum et ensuite continuer à suivre ces personnes", estime-t-il.