Les sudistes tentent de se rabibocher entre eux

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Belgique

Les présidents ont évité l'écueil des exigences imbuvables. Pour l'instant


Le duBuS du jour


BRUXELLES Tout faire pour se réconcilier. C'était le mot d'ordre de la réunion des quatre présidents des partis francophones, ce vendredi. Mais pas seulement avec la Flandre : avant tout avec... eux-mêmes. Car prétendre que leurs relations sont tendues serait minimiser la gravité du moment.

Même l'heure de la réunion au Parlement de la Communauté française a dû être négociée de dure lutte entre un Didier Reynders (MR) qui voulait 14 heures et un Elio Di Rupo (PS) faisant savoir son agenda totalement overbooké avant... 17 heures.

Finalement, on s'est accordé sur le compromis de 16 h 30. Qui a tourné à 16 h 45, avec une Joëlle Milquet (CDH) arrivée dernière et furieuse, elle aussi, contre Didier Reynders. Il faut dire que, le matin même, elle s'était fait accuser, par presse interposée, d'empêcher un francophone d'accéder au 16 (lire par ailleurs).

Bref, encore et toujours le jeu des petites piques qui font tout sauf faciliter l'émergence de positions communes face à la Flandre.

Échec, hier ? Non. Au bout de deux heures trente de discussions froides , ils en sont sortis avec un communiqué de quatre paragraphes (voir ci-dessous), sérieusement retravaillé et allégé par rapport au brouillon de départ. Heureux hasard : cela leur a permis d'en lire un chacun. La vie est tout de même parfois bien faite...

Et en quoi consiste-t-il, ce communiqué ? En une défense prévisible des trois bourgmestres de la périphérie. Et en une demande d'un engagement de la Flandre à chercher une "solution négociée " sur BHV.

Bref, les sudistes ont évité l'écueil du menu de revendications imbuvables qui auraient débouché sur tout sauf une reprise rapide du dialogue.

"Attachementà la loyauté fédérale"

Du moins pour l'instant. Car ils annoncent qu'ils vont "poursuivre la concertation entre francophones pour préparer la définition de positions communes relatives aux débats communautaires".

En attendant, sur les bourgmestres, ils se disent "indignés", dénonçant un "déni de démocratie" qui "représente tout sauf le geste d'apaisement" demandé.

Solidaires, ils prendront "toutes les initiatives sur le plan national et international" pour les défendre "sur le plan politique et juridique". Et préviennent surtout : une "solution" les concernant "devra faire partie de toute décision relative à la périphérie". Une solution , donc. Plus une nomination préalable aux débats comme l'exigeait le FDF. En attendant une sortie d'impasse sur BHV, ils demandent au Nord d'"éviter toute prise de décision par des représentants d'une Communauté excluant les représentants de l'autre ".

Pour le reste, ils annoncent (enfin) l'installation "rapide " de la commission chargée de réfléchir au destin des francophones et de leurs institutions. Et concluent, solennels, en rappelant leur "attachement à la loyauté fédérale ". Tiens, et si les partis flamands en faisaient de même, sous l'impulsion d'Yves Leterme, dans les jours à venir ? Chiche ?...



© La Dernière Heure 2007
Christian Carpentier