Belgique

Les syndicats proposent de s'inspirer de l'exemple de relativement petites sociétés industrielles dans la Sarre, en Suède ou en Finlande

LIEGE La phase liquide de la sidérurgie liégeoise peut et doit être relancée au sein d'une société liégeoise impliquant largement les pouvoirs publics, en sortant du groupe ArcelorMittal. Ce credo, régulièrement porté par les organisations syndicales, est aujourd'hui étayé dans un imposant document intitulé "Sidérurgie: propositions syndicales alternatives à la fermeture" qui, après la presse ce lundi, sera présenté par les syndicats (FGTB, SETCa, CNE, CSC) à ArcelorMittal au conseil d'entreprise prévu mardi et au "kern" wallon le 5 juillet.

Les organisations syndicales ont établi leur plan "après étude et analyse des études produites sur le sujet par les consultants Laplace Conseil et Syndex", qui étayent, selon elles, la viabilité d'une sidérurgie intégrée à Liège pour autant qu'il y ait une autre stratégie économique que celle d'ArcelorMittal.

Les syndicats proposent de s'inspirer de l'exemple de relativement petites sociétés industrielles dans la Sarre, en Suède ou en Finlande, en séparant les fonctions de propriété et de gestion. Ils imaginent de créer une société patrimoniale, récipiendaire des actifs immobiliers et industriels, qui serait un grand ensemblier régional (avec la Région, la SRIW, les villes et communes intéressées, des autorités académiques, des industriels, etc.) et qui en confierait la gestion industrielle à une autre société.

Ce plan nécessite des investissements: des coûts de remise en marche et de mise en conformité environnementale (entre 40 et 80 millions d'euros), des investissements dans les outils du froid (115 millions d'euros, que la Région est prête à préfinancer pour 110 millions) et la construction d'une nouvelle centrale électrique (environ 100 millions d'euros, à partager avec des partenaires industriels).

Resterait, évidemment, à se séparer du groupe ArcelorMittal. L'étude syndicale estime impossible une expropriation et, si elle estime qu'on pourrait gagner un procès contre ArcelorMittal pour abus de droit, cette solution prendrait trop de temps. Les syndicats pensent dès lors qu'il faut tenter de faire abandonner volontairement ses actifs par ArcelorMittal, qui pourrait être effrayé par le coût environnemental et social de sa fermeture (plus d'un milliard d'euros, selon les syndicats).

Mais pour cela, il faut, disent les syndicats, qu'"une discussion fondamentale avec la famille Mittal soit conduite par le plus haut niveau de l'exécutif wallon, avec le soutien de l'ensemble du gouvernement".

© La Dernière Heure 2012