Belgique

Les VlaamsProgressieven ont décidé mardi, de suivre leur propre voie



BRUXELLES Le projet défendu par le sénateur Geert Lambert a reçu 68 pc des suffrages en sa faveur à l'issue d'un conseil de parti.

Les conséquences de ce choix sur le cartel formé avec le sp.a demeurent pour le moment imprécises mais les défenseurs de l'alliance avec les socialistes flamands, parmi lesquels on retrouve le ministre flamand Bert Anciaux, évoquaient la fin de celle-ci. La déception dans leur camp était perceptible à la fin de la réunion.

La réunion a eu lieu à la suite de la démission le 19 novembre de la présidente, Bettina Geysen, dont les notes de frais quand elle était encore directrice de la VRT ont défrayé la chronique. Cette décision a mis au grand jour les dissensions qui traversent les VlaamsProgressieven, ex-Spirit, petite formation issue de l'implosion de la Volksunie et qui se réclame du libéralisme de gauche.
Les membres du conseil de parti, le parlement interne des VlaamsProgressieven, ont quitté vers 22h30l'hôtel Marivaux -où ils étaient réunis dans une salle portant le nom du réalisateur Alfred Hitchcock. Le sénateur Geert Lambert a emporté l'adhésion des siens autour du projet qui visait à donner leur propre voie aux libéraux de gauche.

"J'ai présenté le projet et senti un grand enthousiasme. Ce n'est pas en soi la fin du cartel mais le début du parti. Nous croyons en notre propre parti", a-t-il expliqué à l'issue du conseil.

Les partisans de Bert Anciaux, ministre flamand, figure de proue des VlaamsPogressieven et partisan du cartel avec le sp.a, ont quant à eux évoqué la fin de l'alliance. M. Lambert ne les a pas rejoints dans leur analyse même s'il est resté évasif. "Nous verrons si le cartel existera encore. Ca ne dépend pas seulement de nous. Nous ne voulons pas être absorbés et nous faisons le choix de notre propre projet. Nous sommes toujours partisans d'une collaboration des progressistes mais à partir de nos spécificités", a-t-il souligné.

M. Lambert s'est dit disposé à discuter avec le sp.a mais a insisté sur le fait que le parti était prêt à se présenter seul devant les électeurs si besoin était. "J'y crois. Nous recueillerons les 5 pc (le seuil électoral, ndlr). Après 18 mois, la population a besoin d'une politique qui lui corresponde. Je ne crois pas dans les sondages, seulement dans les élections", a-t-il dit.

Le sénateur ne s'est pas non plus prononcé sur la présidence des VlaamsProgressieven. "Je prendrai mes responsabilités, mais le parti ne se résume pas à Bert Anciaux et Geert Lambert. Nous conduirons le parti avec toute une équipe. Je ne suis pas nécessairement candidat président. Je demanderai à d'autres personnes", a-t-il affirmé.

M. Lambert a reçu la soutien de la présidente ad interim Nelly Maes ainsi que des jeunes VlaamsPorgressieven et de la base du parti. Une minorité, dans laquelle on retrouvait Bert Anciaux et les députés flamands, a affiché sa déception à l'issue du vote. M. Anciaux a indiqué qu'il allait réfléchir à la suite des événements. "Si vous vous battez pour quelque chose, c'est toujours difficile quand on ne vous donne pas raison mais il faut apprendre à vivre avec", a-t-il dit.

Le ministre exclut toutefois de prendre la présidence. Des questions se posent également sur son avenir au sein du gouvernement flamand. "J'ai bien compris que le groupe au parlement flamand me soutenait", a-t-il répondu. Il se montre toutefois sceptique sur le chances du parti s'il se présente seul aux élections.
Selon certains députés, ce vote était surtout dirigé contre le sp.a et ne manquerait pas de susciter des questions sur la place des VlaamsProgressieven dans la majorité flamande.

Au sp.a, l'on se disait toujours favorable à une collaboration des progressistes. Mais si les VlaamsProgressieven préfèrent suivre leur propre chemin, la poursuite du cartel ne sera pas chose aisée, a fait remarquer la présidente Caroline Gennez.

Mme Gennez regrette le choix des VlaamsProgressieven mais en prend acte. Elle soumettra la question aux instances du sp.a. Elle constate toutefois que les VlaamsProgressieven ont rompu la confiance au sein de l'entente entre les progressistes flamands. Selon elle, il ne sera pas facile de recoller les morceaux du cartel.

M. Lambert a dit vouloir éviter que le sp.a n'absorbe les VlaamsProgressieven. A croire Mme Gennez, il n'en a pourtant jamais été question.

© La Dernière Heure 2008