Belgique

La question peut sembler populiste : que gagnent les présidents d’assemblée parlementaire, les ministres fédéraux et régionaux, les chefs de groupe parlementaire, etc. ? C’est que leur salaire net est particulièrement enviable pour des raisons historiques.

Indemnités non soumises à impôt, doublement de prime, personnel d’entretien mis à disposition… Tout cela a un impact sur la rémunération finale, la vraie. Si un salarié travaillant dans une entreprise - privé donc de tous ces avantages - voulait obtenir le même salaire poche, son employeur devrait payer des sommes… astronomiques. Pour avoir une indication sur combien l’entreprise de ce travailleur lambda devrait payer pour lui permettre d’atteindre le même salaire net, nos confrères de La Libre ont demandé à un secrétariat social qui a pignon sur rue (mais qui a voulu rester anonyme) d’effectuer quelques calculs. Le résultat de ce travail est repris dans le tableau ci-contre. Loin du plafond fixé pour les top managers.

En partant des salaires nets du monde politique calculés par le Crisp (actualisés fin 2011, en partant d’une situation de personnes isolées sans charge de famille, n’ayant pas d’autres sources de revenu), ce secrétariat social a reconstitué un salaire brut.

À ces sommes, les charges sociales qu’aurait dû payer l’entreprise du salarié lambda ont été ajoutées. De même que le financement de la pension du travailleur ou encore le coût de la mise à disposition de personnel d’entretien pendant la durée du mandat dont bénéficient les ministres.

Quels sont les résultats ? Pour les plus hauts salaires du royaume - soit les présidents du Sénat (Sabine de Bethune, CD&V) et de la Chambre (le PS André Flahaut) -, on arrive à des sommes de plus de 700. 000 euros annuellement.

On est donc bien au-delà, par exemple, du fameux plafond de 290.000 euros brut fixé par le gouvernement pour les nouveaux patrons d’entreprises publiques…