Belgique

Le courrier est arrivé hier à la rédaction de la chaîne flamande VTM

Menace en cours d’analyse

Aucune mesure particulière n'est prévue

Menaces, arbalète et petites culottes


BRUXELLES Stupeur hier à la rédaction de VTM. La chaîne de télé flamande a reçu une lettre de menaces à l’encontre d’Elio Di Rupo, le président du Parti socialiste et préformateur royal.

Le texte débute par ces mots : “Au nom d’Allah” … Et précise que “dans un pays musulman tel que la Belgique, un homosexuel ne peut en aucun cas devenir Premier ministre” . Le cas échéant, l’auteur de la lettre laisse entendre qu’il pourrait attenter à la vie d’Elio Di Rupo.

VTM précise par ailleurs avoir transmis le document à la police.

Du côté du PS, on dit avoir été mis au courant de ces menaces justement par l’intermédiaire de la chaîne lors de la diffusion d’un reportage dans le journal télévisé. Mais le parti se refuse à plus de commentaires pour le moment. Difficile de savoir si l’entourage de Di Rupo prend ces menaces très au sérieux.

Des menaces que l’on imagine de toute façon perturbantes, ne fût-ce que parce qu’elles font référence de manière révoltante à la vie privée de l’intéressé. Il est vrai que dans certains pays où les droits de l’homme sont largement bafoués, les homosexuels sont considérés comme des criminels. Ils risquent la prison à vie, voire la peine de mort. On est loin du compte en Belgique. Notre pays est l’un des plus progressistes en la matière. Il fut l’un des tout premiers à légaliser le mariage entre deux personnes de même sexe, ainsi que la possibilité pour elles d’adopter un enfant ensemble.

Peu de réactions hier soir de la part du monde politique. Si ce n’est le ministre wallon Benoît Lutgen (CDH) qui dénonce les “propos profondément choquants et injurieux d’un imposteur”  !

Par ailleurs, la lettre stipule – nous apprend, devrait-on écrire – que la Belgique est un pays musulman… Absurde ! Mais est-ce suffisant pour décrédibiliser l’auteur du courrier ? La police devra évidemment répondre à cette question.

On imagine à présent que le PS va attendre de voir comment évolue la situation avant de réagir si nécessaire. Mais ce qui est sûr, c’est qu’Elio Di Rupo a d’autres chats à fouetter alors qu’il va reprendre des négociations institutionnelles de toute première importance pour l’avenir de la Belgique.



© La Dernière Heure 2010