Belgique

Mais était-ce prévisible ? "Non, ce n'est pas prévisible !" déclare Louis Michel et hausse le ton

BRUXELLES Louis Michel (MR) était l'invité du 7.40 de Twizz Radio ce jeudi matin. Les déclarations du patron de la Febelfin dans « De Morgen » concernant les hausses tarifaires dans le secteur bancaire ont provoqué de la contrariété chez Louis Michel : "Je suis choqué, je suis tout à fait choqué que... ils annoncent qu'ils vont répercuter, dans le fond la contribution qu'on leur a demandé sur le contribuable, sur le citoyen !".

Mais était-ce prévisible ? "Non, ce n'est pas prévisible !" déclare Louis Michel et hausse le ton : "Ce n'est pas parce qu'on est banquier qu'on n'a pas encore d'obligations éthiques et morales...

Après ce que l'Etat, donc tous les citoyens ont fait comme effort pour les sortir du problème dans lequel, je ne dis pas tous les banquiers, mais un certain nombre de financiers nous ont placé, je pense que la moindre des choses, ce serait au moins d'être modeste... et d'être humble, d'être respectueux des efforts que l'on demande à tous les citoyens pour leurs conneries ! Il faut aussi de temps en temps leur dire ça !".

Que faire alors, des mesures de contrôle sont-elles envisageables ? "D'abord il faut essayer de les contrer en débattant avec eux mais je trouve que la manière dont ils ont annoncé leur attitude et leur position cela n'est pas la plus adroite... Je ne serais pas opposé à ce qu'on contraigne dans ce cas-là, que ces frais soient pris en charge sur leurs bénéfices !".

Autre actualité, le sommet européen qui débute ce soir sous des perspectives économiques toujours inquiétantes. Après avoir pris toute une série de mesures économiques, le Conseil de l'Europe, et singulièrement Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, envisage à présent une intervention sous l'angle législatif.

Le souhait - pas encore partagé : instaurer la règle d'or, l'équilibre des recettes et des dépenses dans les constitutions de chaque pays. "La volonté d'imposer de manière coercitive je dirais, un déficit de moins de 3% et de 60% au total au niveau des dettes, ça c'est une mesure qui me semble aller dans le bon sens" déclare Louis Michel et ajoute "... sinon les bons élèves vont payer pour les mauvais !". Voilà sur le fond.

Sur la forme, le positionnement France - Allemagne génère des tensions sur le plan de la gouvernance. Qui doit piloter l'Europe, un directoire franco-allemand, le Conseil de l'Europe, la Commission, le Parlement ? "Très clairement la commission ! Avec le Parlement !" répond Louis Michel et poursuit : "... A partir du moment où vous avez une zone euro, où il y a une unité monétaire, vous devez avoir un gouvernement économique sur cette zone !".

Et concernant l'axe Sarkozy - Merkel ? "... Ce directoire franco-allemand, je ne peux pas l'accepter... je ne peux pas accepter cette méthode-là".

Louis Michel reconnait le dynamisme, y compris historique, de l'axe franco-allemand mais "... il ne faut pas que cet axe... ne décide de stratégies... en ignorant royalement les 25 autres pays !". Cela ne va pas dans le sens d'une meilleure intégration européenne estime le représentant du mouvement réformateur.

Enfin, le principe de la discipline budgétaire (la règle d'or) à écrire dans les traités européens... est-ce une parade, un fondamental, un aveu d'impuissance face aux dettes souveraines, aux taux de chômage et perspectives de croissance très limitées dans certains pays ?

"C'est un fondamental, c'est une nécessité" affirme Louis Michel et conclut : "On est dans un monde ouvert, une économie ouverte, et si l'on veut maintenir le niveau de bien-être que nous avons en Europe de manière globale... on ne peut pas continuer à dépenser beaucoup plus que ce qu'on ne gagne !".


© La Dernière Heure 2011