Maingain: "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté"

L Be. Publié le - Mis à jour le

Belgique

"L'interdiction d'association n'est pas suffisante, il faut s'attaquer aux individus"

BRUXELLES Après l’arrestation le 7 juin dernier du porte-parole de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, pour infraction à la loi antidiscrimination, un homme a été interpellé pour avoir jeté des pierres en direction de policiers lors des émeutes qui ont eu lieu la semaine passée, à Molenbeek. Le lendemain deux policiers se sont faits violemment agressés à Beekkant par un islamiste venu de France.

"La libre expression s'arrête là où la haine et la violence commencent". Le président de l'Open VLD Alexander De Croo et les autres politiciens présents sur la plateau de Mise au point (RTBF) ont vivement condamné les agissements de Sharia4Belgium et les récents évènements de Molenbeek.

"On ne peut pas dire qu'il y ait eu laxisme de la part d'untel ou untel mais maintenant il faut agir. Il faut plus d'efforts d'intégration, renforcer nos valeurs et nos règles" poursuit le président de l'Open VLD. Il appelle également à agir contre les individus car "une association pourra toujours se reformer sous un autre nom". Un avis partagé par Benoît Lutgen, le président du cdH.

"L'interdiction d'association n'est pas suffisante, il faut s'attaquer aux individus. Il faut agir également au niveau d'internet et nettoyer la Belgique de ces associations", demande l'humaniste. "On peut aller jusqu'à la déchéance de la nationalité mais il faut aussi faire plus attention à qui on délivre une autorisation de séjourner en Belgique", poursuit-il.

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté" lâche quant à lui Olivier Maingain, le président du FDF, qui demande à ce que les moyens de la justice soient renforcés "pour que l'on puisse enfin tenir chaque semaine une audience pour ce genre de délit. Actuellement il n'y en a qu'une par mois à Bruxelles." Le président du PS, Thierry Giet qualifie ces attitudes "d'inacceptables en démocratie, si l'interdiction est possible, il faut y aller."

Mais attention, pour le socialiste, lutter contre ces groupuscules ne signifie pas bafouer "ce qui fait notre démocratie". Il fait remarquer également que le porte-parole de Sharia4Belgium vient d'Anvers, là où le parcours d'intégration est obligatoire. Le président du PS, même s'il a affirmé ne pas voir de problème à son obligation, semble douter de l'utilité d'un tel parcours. "Faut-il absolument ce parcours pour un congolais francophone qui a fait des études de haut niveau et qui arrive en Belgique ?", demande-t-il.

"Depuis 2004, le MR défend des propositions pour que les individus qui ne sont pas en ordre quand ils arrivent sur le territoire soient expulsés. Quand on veut s'intégrer il faut parler au minimum une des trois langues nationales, connaître les valeurs structurantes de la démocratie belge, et avoir des notions sur le plan économique pour l'accès au travail", assure Charles Michel le président du parti.

Fin mai, Didier Reynders s'était dit prêt à débattre de l'intégration, un "véritable échec" à Bruxelles selon lui. "L'intégration est un échec dans certains endroits et une réussite dans d'autres", consent Benoît Lutgen. Mais pour le président du cdH, "il est clair que les problèmes d'emploi d'aujourd'hui sont un terreau favorable à l'extrémiste et au populisme".

BRUXELLES

© La Dernière Heure 2012

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