Belgique

79,9% des voix pour le président sortant qui repart avec un mandat de trois ans

BRUXELLES Ce week-end n'a sans doute pas été le plus mauvais pour Olivier Maingain. Samedi, le président sortant du FDF s'est fait réélire à la tête du parti. Il repart avec 79,9% des voix du bon millier de votants qui se sont déplacés à Woluwe-Saint-Pierre. Son opposant wallon, Patrice Horn, s'en sort satisfait (avec 20,1%) d'avoir pu ouvrir le débat sur l'extension du Front démocratique des francophones dans sa région. Un appel auquel Olivier Maingain a juré de répondre.

Mais c'est sur l'institutionnel que le nouveau président a axé son discours d'intronisation. À l'offensive, il a déclaré que le confédéralisme était non négociable en perspective des négociations institutionnelles de 2007: «Je n'exclus pas le blocage de tout débat institutionnel car je ne vois pas l'intérêt des francophones de s'engager sur la voie du confédéralisme, tel que défini par les partis flamands». Il s'est également attaqué à de «fausses idées», comme, par exemple, «celle qui consiste à croire que le séparatisme n'est pas une volonté de la majorité des Flamands». Et de rappeler les scores électoraux du Vlaams Belang ou du CD&V-N.VA, «adepte du séparatisme feutré».

Contrairement à une autre idée reçue, le modèle bruxellois ne sauvera pas l'État belge à lui seul, a ajouté Olivier Maingain qui en a profité pour fustiger les partis de la majorité régionale (PS, CDH, Écolo) rendus responsables de «l'affaiblissement de la Région bruxelloise au moment où le débat institutionnel s'annonce rude». «Le gouvernement bruxellois est aphone car les partis flamands ont décidé d'en neutraliser l'action. »

Le président reconduit en a aussi appelé à l'unité des francophones. «Tu as lancé un débat, il ne restera pas sans suite, a-t-il lancé à Didier Gosuin qui avait retiré sa candidature à la présidence en milieu de semaine dernière. «Le parti a besoin de toi», lui a encore dit Olivier Maingain comme pour rassurer tout le monde sur l'unité du FDF. Car d'unité, le Mouvement réformateur dans lequel se trouve le FDF en a bien besoin. Les dissensions se font de plus en plus nombreuses à Bruxelles en vue des élections communales.

© La Dernière Heure 2006