Belgique

Le patron de la SNCB évoque la hausse des tarifs, l'impact de la crise et les nouveaux horaires

CUESMES L'administrateur-délégué de la SNCB, Marc Descheemaecker, n'est pas homme à manier la langue de bois. Sa société, qui connaît une affluence record (plus de 75 % entre 2000 et 2012, selon une projection), est souvent l'objet de critiques. La dernière en date : les hausses de tarifs prévues pour 2009.

N'est-il pas illogique d'augmenter les tarifs de 5,9 % à l'heure où l'on incite les gens à prendre les transports en commun et que le prix de l'énergie diminue ?

"Nos dépenses ne sont pas liées au coût du baril de pétrole mais à celui de l'électricité qui a fortement progressé depuis un an. Conformément à notre contrat de gestion, c'est seulement l'an prochain que nous allons pouvoir adapter nos tarifs. La ministre Vervotte nous a demandé de modérer la hausse. C'est ainsi que l'augmentation des tarifs compensera uniquement l'inflation et pas le coût énergétique."

Tout de même, sur un plan psychologique, cette hausse tombe mal alors que le prix de l'essence baisse à la pompe.

"Je prendrai deux exemples : les seniors devront payer cinq euros au lieu de quatre leur billet Bruxelles-Ostende aller-retour. Cela fait 2,50 euros le trajet simple. C'est moins cher que le prix d'une dame blanche sur la digue ! Quant au prix du Go Pass, il sera de 50 euros au lieu de 46. Ça fait cinq euros le prix d'un voyage sans limitation."

Quelles sont les conséquences de la crise pour la SNCB ?

"Sur le plan du fret, nous sommes très touchés. Sur le dernier trimestre de l'année, nous enregistrons une baisse de 25 % sur le nombre de tonnes par kilomètre. Cela alors que le fret intervient pour un tiers de notre chiffre d'affaires. Sur le plan des voyageurs, cela se manifeste surtout pour les 1res classes en Eurostar et Thalys. Mais l'Eurostar a aussi subi les conséquences de l'incendie. En revanche pour Thalys, l'épisode de la BNP Paribas nous a valu pas mal de va-et-vient entre Paris-Bruxelles (rires)."

Venons-en aux nouveaux horaires. D'aucuns disent que la Flandre se taille la part du lion dans la perspective d'une future régionalisation du rail.

"(Un peu agacé) Les horaires ne font que s'adapter à des travaux d'infrastructure réalisés voici deux ans. Pour ma part, je suis adversaire de toute régionalisation. Alors que la SNCB se trouve entre la SNCF et la Deutsche Bahn, elle ne va pas se diviser pour affronter la libéralisation du marché ! Actuellement, nous parvenons à augmenter le nombre de voyages, tout en élevant le niveau de confort et de ponctualité. Ce n'est pas rien."

Améliorer les capacités aux heures de pointe sur les grandes lignes, c'est bien, mais n'oublie-t-on pas les habitants des endroits plus isolés ?

"Ma position est simple : j'ai horreur des trains vides. On a développé un modèle mathématique qui évalue un potentiel et les moyens de le développer. Donc, si quelqu'un veut créer une liaison avec tel ou tel endroit, on l'analysera d'abord et on n'y donnera suite qu'en cas de business case positif. On ne peut pas jouer avec l'argent du contribuable."



© La Dernière Heure 2008