Belgique

Les syndicats attendent quant à eux des nouvelles de la direction


BRUXELLES La sidérurgie est un élément "structurant de l'économie wallone", déclarait ce matin Jean-claude Marcourt. Et bien que le Plan Marchal (2004) ait tenté de diminuer cette dépendance, le suppression de la phase à chaud chez ArcelorMittal porte un coup à la production d'acier en région Wallone.


La phase à chaud de la sidérurgie liégeoise reste viable si un industriel consent les investissements nécessaires, a assuré jeudi matin le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, sur les ondes de La Première (RTBF).


La phase à chaud n'a plus connu d'investissements industriels depuis 2003, mais ce n'est pas dû aux travailleurs, qui eux ont réduit de plus de moitié le différentiel de compétitivité, a souligné le ministre socialiste.
ArcelorMittal, de son côté, "n'a pas fait sa part du travail, mais si un industriel repreneur le faisait, ce serait viable".


A ses yeux, la sidérurgie reste un secteur "structurant" à défendre en Wallonie, pour autant que l'on se concentre sur des produits de très haute technologie. "La galvanisation, le revêtement sous vide ont été inventés à Liège", rappelle M. Marcourt.


Avec ArcelorMittal, "le chaud à Liège est fini", si le géant de la sidérurgie n'a pas de volonté de collaborer pour trouver une solution. Jean-Claude Marcourt craint qu'au cas où un repreneur se présente, ArcelorMittal ne cède pas l'outil. "Ce n'est pas dans leur tradition de vendre". Quid des autrespôles: la recherche et le développement, dans les années à venir?


Le ton se fait alors plus menaçant: "s'ils ne cèdent pas l'outil, nous exigerons le démantèlement, la remise en état et la dépollution du site, ce qui coûtera très cher; ils ne laisseront pas un chancre industriel au milieu de Liège".


Le ministre liégeois condamne le "cynisme" d'un monde ultra-libéral, voyant les mêmes réflexes dans les secteurs de la sidérurgie que dans le système bancaire. Il y avait un accord social de réengagement alors que le directeur général du pôle liégeois, Joao Felix Da Silva, "savait qu'il allait annoncer la fermeture le surlendemain".


Jean-Claude Marcourt dénombre quelque 580 personnes sous contrat avec ArcelorMittal à Liège, un peu moins de 300 liées à des sous-traitants, ainsi que des "centaines d'emplois indirects", soit un total de 1.500 à 2.000 personnes touchées de près ou de loin.


Toutefois, les sous-traitants ont déjà pris en compte l'impact de l'arrêt des activités de la ligne à chaud dans leur personnel, fait-il remarquer.
Le ministre se dit aussi inquiet pour les pôles du froid et de la recherche et développement. "La confiance est totalement rompue. Le gouvernement attend maintenant des signes précis", a-t-il dit, peu avant une réunion de gouvernement prévue de longue date à Namur et une conférence de presse programmée à 11 heures.


Jean-Claude Marcourt souligne qu'ArcelorMittal n'a pas reçu "un franc" de la Région wallonne, puisque les quotas de CO2 promis étaient liés à la relance de la ligne liquide. Il a aussi appelé les travailleurs à éviter tout débordement violent.


Jean-Claude Marcourt a pointé l'absence de politique industrielle au niveau européen. Alors que l'on n'a jamais consommé autant d'acier dans le monde, les bassins européens que sont Liège et le nord de la France voient leurs outils fermés.


Un conseil d'entreprise extraordinaire est prévu à 9 heures en région liégeoise.

Les syndicats attendent des nouvelles de la direction

Deux à trois cents travailleurs d'ArcelorMittal se sont regroupés devant le " Centre acier " de Flémalle, jeudi matin. Ils y ont appris que le conseil d'entreprise extraordinaire qui devait s'y tenir a été reporté "faute de sécurité". " Le conseil d'entreprise est reporté, mais on sait ni où, ni quand", précise le front commun syndical. "On devait discuter de la procédure Renault, mais la direction estime que vu le nombre de travailleurs présents sur le site, les conditions de sécurité ne sont pas réunies. Alors on attend".

Devant le " Centre acier ", les travailleurs du chaud comme du froid ne sont guère optimistes. "Nous avons de grosses craintes pour tout le bassin liégeois", lance l'un. "On se pose des questions quant à l'avenir de l'activité du froid, qui pourrait être fermée également".

Un autre travailleur affirme avoir signé son CDI (contrat à durée indéterminée) il y a un an. "Aujourd'hui, c'est un retour à la case départ. Mes projets tombent à l'eau".

Des arrêts de travail isolés ont été constatés sur plusieurs sites, mais il ne s'agit pas d'un mouvement généralisé. Aucune action n'est à l'heure actuelle programmée par les syndicats.

Le conseil d'entreprise extraordinaire reporté

Le conseil d'entreprise extraordinaire d'ArcelorMittal prévu jeudi matin à Flémalle a été reporté, la direction estimant que les conditions optimales de sécurité ne sont pas réunies, a appris l'agence Belga de source syndicale.

La date et le lieu auxquels le conseil d'entreprise extraordinaire a été reporté ne sont pas encore connus, précise-t-on de même source.

© La Dernière Heure 2011