Belgique

Les 50 millions d'euros annuels de financement climatique auxquels la Belgique s'est engagée sont additionnels aux montants consacrés à l'aide publique au développement, a déclaré lundi à Paris la ministre fédérale de l'Energie et du Développement durable, Marie Christine Marghem. 

Lors de l'ouverture de la COP21, le 30 novembre dernier, le Premier ministre Charles Michel avait annoncé un engagement de la Belgique à un financement climatique annuel de 50 millions d'euros jusqu'en 2020 en faveur des pays en voie de développement.

Un doute subsistait toutefois sur le caractère "additionnel" de ce financement. Un point crucial pour les ONG qui demandent avec force que les budgets de la coopération au développement ne soient pas détournés vers le financement climatique, destiné aux pays pauvres victimes des changements climatiques, mais que ce financement provienne de moyens nouveaux.

"Tout est additionnel", a assuré Mme Marghem au sujet de ces 50 millions d'euros par an. La ministre fédérale rejette en outre les critiques selon lesquelles ce montant serait trop faible. "Cela représente tout de même 250 millions d'euros d'ici 2020", a-t-elle pointé, tout en rappelant le contexte d'importantes restrictions budgétaires.

Sur les 50 millions d'euros, 25 millions seront assumés par le fédéral, 14,5 millions par la Flandre, 8,25 millions par la Wallonie et 2,25 millions par Bruxelles, comme convenu dans l'accord entre Fédéral et Régions sur la répartition de l'effort climatique 2013-2020.

Le financement climatique est l'une des questions-clef des négociations en cours à Paris. Les pays développés doivent respecter leur promesse, faite à Copenhague en 2009, d'alimenter à hauteur de 100 milliards de dollars par an dès 2020 un fonds vert pour le climat, sous peine de braquer les pays en développement, particulièrement vulnérables aux changements climatiques, souligne-t-on dans le rang des ONG.

Les pays riches s'étaient également engagés à mobiliser 30 milliards de dollars pour 2012 au bénéfice des pays en voie de développement. La contribution européenne à ce programme "Fast Start" s'élevait à 7,2 milliards d'euros, dont 150 millions à charge de la Belgique. Notre pays n'a toutefois pas respecté sa promesse dans les temps, seuls quelque 90 millions d'euros ayant alors été déboursés.


Paul Furlan loue "une délégation belge de très haut niveau"

© Belga

La délégation belge présente au Bourget depuis le 29 novembre pour la Conférence des Nations unies sur le climat est "de très haut niveau", a tenu à souligner le ministre wallon en charge du Climat, Paul Furlan, à son arrivée à Paris.

Avec cette seconde semaine de négociations qui débute à la COP21, les ministres des 195 pays ont pris le relais des négociations afin d'aboutir à un accord mondial censé limiter à maximum 2°C le réchauffement climatique.

Les ministres wallons Furlan, compétent pour le climat et l'énergie, et Di Antonio, compétent pour l'Environnement, sont depuis lundi matin au Bourget, de même que la ministre fédérale de l'Energie et du Développement durable, Marie Christine Marghem. Ils ont d'abord participé à un briefing de la délégation belge tandis que Mme Marghem et M. Furlan, ce dernier en qualité de représentant de la Belgique dans les réunions européennes, ont enchaîné avec une réunion de coordination européenne puisque l'Union européenne parle d'une seule voix dans les négociations climatiques.

Les ministres flamande et bruxelloise Schauvliege et Fremault sont quant à elles attendues à partir de mardi à la COP21.

Lors du briefing matinal intra-belge, M. Furlan a eu l'occasion de louer les qualités de la délégation belge à Paris, "composée d'experts considérés comme de très haut niveau" et "d'interlocuteurs sur lesquels on s'appuie pour faire avancer les choses tant au niveau intra-européen qu'en dehors", selon le ministre wallon. En ces temps de critiques à l'égard de la Belgique, c'est une fleur au chapeau de notre pays et de la Région wallonne, a-t-il encore relevé.