Belgique

Les enseignants d’une école de Flandre orientale jugent problématiques les comportements de plusieurs élèves.

Pour la première fois en Belgique, une école maternelle s’est plainte auprès de son administration de possibles signes de radicalisation de la part de certains de ses élèves. L’établissement est l’école Docteur Ovide Decroly de Renaix, une commune de Flandre orientale située en bordure du Hainaut. C’est ce qu’a rapporté lundi Het Laatste Nieuws, se basant sur un rapport interne à l’école. Du côté du cabinet de la ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), on confirme mais on qualifie l’affaire de "très exceptionnelle" .

Les comportements problématiques observés consistent notamment en la récitation de versets du Coran durant la récréation, l’absentéisme scolaire le vendredi pour des raisons religieuses ou le refus de donner la main, selon le document. Il est également question de menaces de mort à l’encontre de non-croyants, d’enfants traités de "cochons" ou de gestes imitant un égorgement. "Ne pas aller à l’école parce que notre vision de l’école ne convient pas à la vision de la religion. Ne pas venir à l’école le vendredi pour des raisons religieuses. Une jeune fille a déjà un ami au Maroc avec qui elle se mariera plus tard. Une autre refuse de serrer la main à un garçon et de se trouver à côté de garçons dans le rang", lit-on notamment dans le rapport .

Un peu plus loin dans le rapport, une enseignante donne un autre exemple pour la deuxième semaine de décembre : "On a expliqué dans la classe la signification du côté festif de Noël et de la nouvelle année. Il n’y a pas eu d’insistance au sujet de l’aspect religieux vu que nous sommes une école du réseau Go ! (NdlR : le réseau public flamand) . Le cours évoquait la nature en hibernation, le fait qu’il fait noir plus longtemps et que c’est la période durant laquelle rien ne pousse. Un jeune d’origine étrangère a alors réagi en disant que les sapins se trouvaient uniquement chez les porcs."

Le Netwerk Islamexperten, qui est l’organisme chargé d’aider les écoles flamandes dans la lutte contre la radicalisation, a reçu depuis son lancement en octobre 2015, 481 demandes de la part d’écoles ou de centres d’accompagnement d’élèves, la plupart de nature préventive ou informative. Ce réseau fournit des informations sur l’islam, les causes de radicalisation et les manières d’y répondre.

Du côté de la Fédération , les écoles disposent également d’un service chargé de les aider en cas d’éventuels cas de radicalisation détectés dans une école (voire ci-contre). Au total, 77 demandes d’intervention ont été formulées depuis janvier 2015, mais encore aucune en provenance d’écoles primaires ou maternelles. En ce sens, le rapport de l’école maternelle de Renaix est une première en Belgique.

Soixante élèves signalés en Fédération Wallonie-Bruxelles

Depuis le 23 janvier 2015 jusqu’au 31 juin 2016, le service des équipes mobiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles a reçu 77 demandes d’intervention liées à la thématique du radicalisme menant à la violence de la part de chefs d’établissement. Parmi ces demandes, 60 concernaient des inquiétudes vis-à-vis d’un élève. C’est ce que révélait la DH en mai dernier. Au final, dans douze dossiers, les inquiétudes n’ont pu être levées et un relais à la police locale a été jugé nécessaire. C’est ce qu’expliquait alors Bruno Sedran, le coordinateur pédagogique du service des équipes mobiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une équipe composée d’une vingtaine de personnes. Face à la problématique de la radicalisation, l’équipe peut compter sur d’autres services de la Fédération Wallonie-Bruxelles, notamment le Caprev (NdlR : le centre d’aide et de prise en charge de toute personne concernée par le radicalisme et les extrémismes violents ouvert en janvier dernier par le ministre francophone de l’Aide à la Jeunesse Rachid Madrane (PS)), et le centre de ressources de la Fédération. "On travaille ensemble", insistait alors le coordinateur pédagogique des équipes mobiles.