Belgique Dans un livre d’entretiens… libéral, l’ancien archevêque de Malines-Bruxelles persiste et signe sur les dossiers éthiques.

Selon les rares échos qui remontent du côté de Gap, l’ancien archevêque André-Joseph Léonard s’intègre bien dans sa nouvelle fonction de chapelain au sanctuaire de Notre-Dame du Laus. Comme ses collègues simples prêtres, il y assure ses permanences et participe à la vie spirituelle.

Avant de gagner le sud de la France, il s’était livré au philosophe libéral Drieu Godefridi pour un tour de table sur les grandes questions de l’heure. Joli signe d’ouverture : l’ouvrage est paru aux éditions du CEP pilotées par le député MR Richard Miller, laïque et libre-exaministe de son propre aveu. Cela donne des pages philosophiques de très haut vol qui raviront les accros du genre, mais l’auteur ne pouvait pas esquiver les questions qui fâchent sur le plan moral et éthique et qui divisent les catholiques comme les libéraux.

Sur ce terrain, André-Joseph Léonard reste intransigeant. Sur l’euthanasie : elle "touche donc toute une profession qui doit relativiser son serment d’Hippocrate". Évoquant celle demandée par Christian de Duve, il constate que "ce qu’on présente comme une décision purement personnelle au nom de la liberté de l’individu est en fait une décision qui a une influence profonde et déterminante sur l’ensemble de la société". Et de déplorer qu’en Belgique on ne se mobilise pas assez "pour dire non à des prétendues avancées qui sont des retours en arrière et une rétrogradation par rapport à la solidarité qui doit lier les membres d’une société".

Mgr Léonard plaide aussi pour une relance du débat sur l’avortement "car sinon il va être uniquement un fait que l’on a enregistré, qui fait partie des mœurs et qu’on ne remet plus jamais en question". Et de rappeler que si on le voyait dans certaines marches pour la vie "c’était pour participer à un réveil ou à un maintien en éveil des consciences".

L’archevêque dit aussi sa crainte face à la banalisation de la contraception : "La mentalité contraceptive généralisée encourage une mentalité abortive". Quant au mariage homo, il rejette absolument l’idée qu’il puisse être équivalent au mariage traditionnel.

Par contre, il admet que l’État puisse envisager un statut de partenariat "pour des raisons fiscales, patrimoniales ou économiques". Et là, il le verrait même pour "un monsieur et sa dame de compagnie, voire un curé et sa gouvernante si on veut donner un statut qui protège économiquement un partenariat quelconque"

Enfin, sur sa non-désignation comme cardinal, Mgr Léonard ne se dit pas vraiment blessé mais laisse pointer un brin d’amertume. Avant de se reprendre en disant que peu d’archevêques ont présenté un bilan comme le sien ! Mais il a été "surpris et déçu" avant de "rebondir"…