Belgique En 25 ans, leur nombre dans notre pays a diminué de trois quarts selon une étude de chercheurs britanniques

BRUXELLES La Belgique occupe la peu enviable première place du classement européen des pays où la quantité de papillons de jour connaît la plus forte baisse. Certaines espèces de papillons sont en train de disparaître. «La population de papillons a diminué de plus de 10 pc en 25 ans dans 45 pays européens », estiment les scientifiques.

La disparition de papillons provient selon les experts essentiellement du fait qu'il y a de moins en moins d'habitat naturel pour ces insectes. Ils mènent une vie très courte et ont des conditions de vies très exigeantes. Les papillons fourniraient ainsi des «informations importantes sur la situation de l'environnement et de la nature », déclarent les chercheurs.

Hans Van Dyck, président du groupe de travail flamand sur les papillons, n'est pas du tout surpris par ces chiffres. «La Flandre, surtout, est un très mauvais élève », explique-t-il. «Le nombre de papillons de jour a diminué de moitié en dix à quinze ans. Si même les citoyens normaux remarquent qu'il y a moins de papillons, comme maintenant, alors il y a réellement un problème. »

La Flandre compte aujourd'hui 40 sortes de papillons, contre 65 il y a quelques années. La dernière décennie, un tiers des papillons a disparu, et actuellement un autre tiers est menacé. «Nous pensions que les papillons qui restaient encore, ceux que l'on trouve dans les parcs et les jardins, ne risquaient rien. Mais une étude récente a montré que ceux-là aussi étaient en danger », indique M. Van Dyck.

Selon le scientifique, les causes sont à chercher dans la détérioration du paysage. «Nous vivons dans un pays où la population est très dense et les variations dans le paysage ont tendance à disparaître. Il faut tenir compte de la biodiversité dans toutes les régions, même dans les zones industrielles et les zones d'habitations. C'est ainsi que l'on donne une chance aux espèces. Ce n'est pas parce que l'on construit une réserve naturelle que le problème est résolu », conclut-il.