Belgique

Si des candidats jugés inaptes réussissent la procédure de sélection menant à la formation de police, "c'est une énorme gifle et une très mauvaise publicité", réagit Joery Dehaes, du syndicat ACV Politie. 

De leur côté, la CGSP-Admi et le SNPS insistent sur "la qualité des agents dont la fonction régalienne ne peut être bradée au prix de critères de sélection moins exigeants". D'après De Standaard, des candidats dont les aptitudes ont été jugées insuffisantes lors de la procédure de sélection à la formation de police sont néanmoins invités à poursuivre en raison de la pénurie d'agents. Plusieurs sources anonymes ont dénoncé samedi dans le quotidien des pressions politiques pour atteindre à tout prix les objectifs fixés par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, qui vise 1.400 embauches par an.

Contacté par l'agence Belga, le porte-parole du ministre a réfuté ces allégations, qu'il qualifie de "grotesques".

"Nous n'avons aucune indication pouvant confirmer les informations" relayées par De Standaard, indique pour sa part Joery Dehaes, mais "il y a des signaux qui laissent penser que certains candidats n'ont pas le niveau requis".

D'après le SNPS, sur les 1.400 inspecteurs de police recherchés cette année, seule la moitié a pu être recrutée. "Il est certain que des choses doivent être améliorées au sein du service de recrutement de la police fédérale qui ne parvient pas à suivre sur le plan administratif. Mais il est hors de question d'abaisser les critères de sélection", abonde Eddy Quaino, de la CGSP-Admi.

Par ailleurs, la campagne visant à constituer la nouvelle Direction de la Sécurisation (DAB) semble patiner. Selon les syndicats, les candidats sont rares et le taux de réussite à l'épreuve de sélection est faible. "Le ministre a proposé d'alléger les critères en matière sportive, ce que les syndicats ont refusé", commente le permanent syndical Frédéric Fortunato (SNPS). "Nous sommes intransigeants quant à la qualité de ces agents qui devront, à terme, assurer les tâches auparavant dévolues aux militaires qui patrouillent en rue".

La nouvelle direction, qui doit compter 1.600 équivalents temps plein, devra assurer notamment la sécurisation des infrastructures du SHAPE et de l'OTAN, des bâtiments des autorités nationales et internationales, les sites nucléaires, les cours et tribunaux et les infrastructures de Brussels Airport.