Belgique

Les PCB retrouvés dans un lot d'oeufs bio cette semaine sont des polluants dangereux pour la santé, mais uniquement en cas d'exposition chronique et prolongée, explique Alfred Bernard, toxicologue à l'UCL. 

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a indiqué lundi avoir découvert un dépassement des normes PCB dans un élevage bio de poules pondeuses. Tous les oeufs concernés (le lot 0BE3133) ont été bloqués et les consommateurs ont été avertis, souligne l'Afsca.

Les oeufs présentent en effet un risque potentiel pour la santé, mais "il faudrait en consommer à raison d'un par jour pendant deux ans", selon Jean-Sébastein Walhin, porte-parole de l'agence.

Les PCB ou polychlorobiphényles sont des huiles synthétiques produites il y a plusieurs décennies et bannies en 1987, mais qui se retrouvent encore dans l'environnement. Ils font partie des perturbateurs endocriniens les plus dangereux, surtout pour les femmes enceintes et les enfants. En cas d'exposition chronique et prolongée, ils peuvent entraîner des troubles cognitifs et déranger le système reproducteur, indique Alfred Bernard.

L'Afsca étudie l'origine de la contamination dans l'élevage bio, la piste la plus sérieuse étant la terre sur laquelle les poules sont en libre parcours.

"Il s'agit d'un héritage du passé", selon M. Bernard. Les PCB étaient utilisés notamment dans le monde agricole comme graisse pour les machines. Les molécules se sont ensuite retrouvées dans le sol et persistent pendant des décennies, car elles sont très stables.

Néanmoins, "le pic de l'exposition humaine aux PCB a été atteint dans les années 1960-1970 et est aujourd'hui derrière nous", tempère le toxicologue. "Pas d'inquiétudes."

Les cas de contaminations d'oeufs aux PCB sont rares en Belgique, selon l'Afsca. Depuis le début de l'année, 925 échantillons avaient été prélevés dans les élevages et tous étaient négatifs, tout comme les 1.400 échantillons de 2016.