Opération policière à Molenbeek : Cinq personnes dont Salah Abdeslam et Amine Choukri ont été arrêtées

Rédaction en ligne avec Belga Publié le - Mis à jour le

Belgique

La traque de l'homme le plus recherché d'Europe s'est achevée vendredi après-midi à Molenbeek. C'est là que Salah Abdeslam a été neutralisé et blessé à la jambe. Le Premier ministre belge a parlé de "victoire contre le terrorisme". Au total, ce sont cinq personnes qui ont été arrêtées. Revivez notre direct.

Cinq personnes, dont Salah Abdeslam, suspect clé des attentats meurtriers de novembre à Paris, ont été arrêtées vendredi à Bruxelles. C'est qu'a annoncé le parquet fédéral dans une conférence de presse un peu avant 21h30.

Salah Abdeslam est l'un des blessés et l'une des personnes arrêtées à Molenbeek. D'abord retranché dans une maison, l'homme le plus recherché d'Europe est à présent soigné d'une blessure à la jambe. Il a été emmené en ambulance. L'autre individu blessé se nomme Amine Choukri, a-t-on encore appris auprès du parquet fédéral. Trois autres personnes d'une même famille qui a hébergé Salah Abdeslam à la rue des Quatre Vents à Molenbeek ont aussi été arrêtées: il s'agit d'Abid A., Sihane A. et Djemila M.. Au total trois perquisitions ont été menées vendredi: une à Jette, 2 à Molenbeek. Seule celle de la rue des Quatre Vents s'est révélée positive.

On notera qu'Amine Choukri a été contrôlé en compagnie de Salah Abdeslam à Ulm en Allemagne le 3 octobre dernier. Pendant ce contrôle, les empreintes de Choukri avaient été relevées. Elles ont été ultérieurement prélevées dans la maison utilisée par la cellulle terroriste à Auvelais. Un faux passeport syrien au nom de Monir Ahmed Alaaj et une fausse carte d'identité belge au nom d'Amine Choukri ont été retrouvés lors de l'intervention policière à la rue de Dries à Forest. Au même endroit, des armes et des munitions ont également été trouvés. Aucune trace d'explosif n'a été découverte.

François Hollande demande l'extradition

Plus tôt, lors d'une conférence de presse conjointe des chefs d'Etats belge et français, Charles Michel a parlé d'une "victoire contre le terrorisme". Le président français François Hollande a annoncé que la Justice française demanderait l'extradition de Salah Abdeslam.

"Notre combat ne sera pas terminé et dès demain matin, compte tenu des informations qui m'ont été communiquées, je réunirai le Conseil de defense", composé des ministres chargés de la sécurité et les principaux responsables sécuritaires français, a déclaré M. Hollande


Selon les infos de la DH, Salah et le second blessé sont bien les deux fuyards de la rue du Dries à Forest. Ils ont donc fui cette planque pour se réfugier ensuite à Molenbeek où leur cavale s’est arrêtée. Toujours selon nos infos, le portrait-robot diffusé en interne par la police après la fusillade de Forest mardi dernier semble être en réalité celui de Salah Abdeslam.




Dix coups de feu ont été entendus à quelques mètres de la maison où ont lieu les opérations en cours à Molenbeek. Au moins deux opérations simultanées de la police ont lieu dans Bruxelles ce vendredi après-midi. Les secours sont arrivés sur les lieux très rapidement. Le dispositif de sécurité mis en place par la police est important. L'armée est également présente sur les lieux.

Une école se trouve à proximité du lieu de l'intervention policière mais les élèves ont été mis en sécurité.

Cette grosse opération policière a été organisée suite à la découverte d'empreintes digitales appartenant au présumé terroriste le plus recherché d’Europe, Salah Abdeslam, dans l'appartement de Forest perquisitionné ce mardi. Ses empreintes digitales ont également été découvertes sur un verre, selon des informations confirmées par le parquet fédéral.

Comment a-t-il été retrouvé ?

D'après la RTBF, les deux fuyards de l'appartement de Forest auraient été localisés par la police. Ils ont contacté par téléphone un individu surveillé depuis plusieurs mois par les autorités en leur donnant rendez-vous au 79, rue des Quatre Vents à Molenbeek. Les individus étaient donc localisés depuis plusieurs heures. L'opération aurait dû avoir lieu demain (samedi) matin ou après-midi. Mais les fuites dans la presse de cet après-midi ont poussé les forces spéciales à intervenir aujourd'hui. L'opération a finalement commencé vers 16h40.


François Hollande au 16 rue de la Loi

Charles Michel a quitté le sommet européen en fin d'après-midi. François Hollande l'a rejoint dans son bureau pour se tenir informé de l'opération de police à Bruxelles, au cours de laquelle Salah Abdeslam, suspect clé des attentats de Paris, a été arrêté, selon des sources officielles françaises et belges.

Le président français est "dans le bureau" du chef du gouvernement belge, a-t-on appris dans l'entourage du président français. "Je vais passer voir le Premier ministre belge", avait confié M. Hollande à des journalistes à l'issue d'une conférence de presse concluant le sommet européen de Bruxelles.





Le plan d'urgence est levé à Molenbeek

Le plan d'urgence mis en place à Molenbeek à partir de vendredi après-midi a été levé, indique la commune de Molenbeek-Saint-Jean dans un communiqué. L'opération menée par la police fédérale menée vendredi dans le quartier de la rue des Quatre-Vents s'est terminée vers 20h45. Ce plan d'urgence communal avait été activé par la bourgmestre Françoise Schepmans afin d'accueillir dans le bâtiment AJJA les habitants ne pouvant pas intégrer leurs habitations. Le call center qui avait été instauré est également fermé.

Tous les habitants du périmètre de sécurité peuvent regagner leur domicile, à l'exception des résidents de l'immeuble situé 79 rue des Quatre-Vents. Ceux-ci seront relogés par la commune dès cette nuit.

Par ailleurs, tous les enfants des écoles communales "Ecole 1" et "School 1", situées dans le périmètre de sécurité, ont quitté leur établissement depuis 18h00.

Dès 07h30 lundi matin, une aide de soutien psychologique sera mise à la disposition de la communauté scolaire (enfants, parents, enseignants, équipes de l'école...), indique encore la commune.


L'homme tué mardi est un logisticien des attentats de Paris

Six policiers français et belges, qui pensaient mener une perquisition de routine, se sont retrouvés sous un tir nourri d'armes automatiques mardi passé. L'un des trois hommes présents dans l'appartement a été tué par un tireur d'élite de la police, il était candidat au suicide. Mais deux autres ont pris la fuite et sont toujours "activement recherchés". L'homme tué mardi n'était autre que Mohamed Belkaïd, l'un des logisticiens des attentats de Paris. Celui-ci utilisait le faux nom de Samir Bouzid. L'information a été confirmée par le parquet fédéral dans le communiqué suivant:

"Le parquet fédéral confirme que les devoirs d’enquête actuellement effectués à la suite de la perquisition menée le 15 mars rue du Dries à Forest ont permis de déterminer que le soi-disant Samir BOUZID, signalé à rechercher, serait plus que vraisemblablement Mohamed BELKAID, né le 9 juillet 1980, de nationalité algérienne. L’intéressé a été neutralisé par les unités spéciales lors de l’intervention du 15 mars.

Pour rappel, l’avis de recherche du 4 décembre 2015 précisait que Salah ABDESLAM s’était rendu à deux reprises à Budapest en Hongrie dans le courant du mois de septembre 2015 au moyen d’un véhicule de location. Le 9 septembre 2015, il avait été contrôlé sur le trajet entre la Hongrie et l’Autriche à bord d’un véhicule Mercedes, en compagnie de deux personnes. Celles-ci faisaient usage de fausses cartes d’identité belges au nom de Samir BOUZID et Soufiane KAYAL.

La fausse carte d’identité au nom de Samir BOUZID a également été utilisée quatre jours après les attentats de Paris, le 17 novembre vers 18h, dans une agence Western Union en Région bruxelloise. C’est de là qu’une somme de 750 euros avait été transférée à Hasna AIT BOULAHCEN, la cousine d’Abdelhamid ABAAOUD. Tous les deux décèderont peu après lors de l’assaut à Saint-Denis. Des images avaient été enregistrées lors de ce transfert d’argent."

Les enquêteurs avaient établi un possible lien entre l'appartement de Forest et une cache à Charleroi occupée par l'un des commandos de Paris juste avant leur départ pour la France.

A Charleroi, la police avait relevé des traces ADN de Chakib Akrouh, qui s'est fait exploser à St-Denis cinq jours après les attentats, les empreintes digitales d'Abdelhamid Abaaoud, considéré comme l'un des principaux organisateurs des attaques ayant fait 130 morts, et de Salah Abdeslam, suspect clé toujours en fuite.