Belgique

Les deux légendes sportives intronisées au Parlement bruxellois

BRUXELLES Après le prince Laurent, intronisé en 2000, l'Ordre des compagnons de Saint-Laurent est fier de compter deux nouvelles recrues choisies parmi les personnalités les plus illustres de Bruxelles, du monde sportif et du siècle, excusez du peu! Lundi, en la salle des glaces du Parlement bruxellois, le truculent et zwanzeur grand-maître de l'ordre folklorique, Jean-Baptiste Bekens, a pu nouer la médaille de compagnon aux cous respectifs d'Eddy Merckx et de Paul Van Himst.

«Nous avons choisi ces deux personnes tout d'abord pour leur exceptionnelle réussite sportive et puis parce qu'ils sont représentants de cette période fantastique du bon temps, de l'époque où Bruxelles brusselait», explique Jean-Louis Gekeire, à l'origine de cette intronisation.

Pour rappel, à la veille de la Saint-Laurent, soit le 9 août, les Compagnons de Saint-Laurent s'illustrent chaque année en tâchant de planter avant l'heure - passqu'après l'heure,'t is te loat - fatidique de 17 h le Meyboom, l'arbre de joie. Un suprême honneur qu'ils ont reçu au 13e siècle du duc Jean de Brabant en même temps que leur statut de corporation. Par une belle journée de l'an de grâce 1213, des bourgeois de cette bonne Bruxelles célébraient une noce à deux pas de l'enceinte. De fâcheux Louvanistes, que l'histoire décrit comme «avinés» vinrent jouer du coup de poing pour gâcher la fête. Mais c'était sans compter sur nos joyeux Compagnons venus eux aussi se rafraîchir le gosier - oué mais c'est toch natuur par ces chaleurs - les Brusseleirs boutèrent comme de juste les Louvanistes hors les murs bruxellois. Leurs arrières s'en souviennent encore! Compagnons, mais aussi Buum-droegers (porteurs de l'arbre), poepedroegers (porteurs de géants) et gardevils (gardes de l'arbre) commémorent cet événement. «Je connaissais la tradition du Meyboom. J'essayerai d'assister à la plantation de l'arbre le 9 août», explique un Paul Van Himst étonné du succès médiatique de cette intronisation. «Il y a autant de journalistes que lorsqu'un entraîneur se fait virer!» Eddy Merckx d'ajouter: «Je suis très fier de cette intronisation d'autant que je n'ai jamais reçu de médaille dans ma vie (rires dans la salle). Et maintenant, dit-il en regardant le bar animé par les membres de l'Ordre du Faro, bière magnifique, en ce jour d'allégresse, geef ons ook een fles!»

© La Dernière Heure 2003