Belgique Elle craint moins les voleurs de câbles que les renards qui passent. Lorsque le rail belge s’endort, c’est elle qui entre en scène.

Reportage de nuit: Alice Dive (La Libre Belgique)

Photographies: Johanna de Tessières

Retirée, à peine éclairée, la ruelle semble mener au lieu de rendez-vous. Pas un homme à l’horizon, pas même un chat dans les parages. Juste quelques voies ferrées, la nuit est résolument tombée. Il est presque 22 h 30 ce soir-là lorsque nous atteignons la grille d’entrée du "CLI" (centre logistique infrastructure) tournaisien. Au loin, la silhouette d’un petit bout de femme s’agite. On fait signe. "Ah, vous avez trouvé facilement ?", s’écrie-t-elle, enjouée. Le jaune fluo sur le dos et les bottines aux pieds, la combi’ de nuit impose un style. Pas de doute, c’est bien elle. Celle qui, depuis plus d’une décennie, s’impose comme la seule et unique caténairiste (agent de maintenance spécialisé dans la réparation des caténaires, NdlR) femme du pays.

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