Pilotes de F16: la vie à 1000 km/h

Benoît Franchimont Publié le - Mis à jour le

Belgique Aux premières loges d’un impressionnant exercice de bombardement

KLEINE-BROGEL Seconde partie de notre reportage sur les chasseurs F-16 de la Force aérienne belge. Après notre visite des coulisses de la base de Florennes ( DH du 25 avril), nous avons pu suivre de très près un exercice de tir et de bombardement organisé au départ de la seconde base de F-16, Kleine-Brogel.
Au nord de Hasselt, à quelques kilomètres de la frontière hollandaise, la base de K.-B. (les militaires prononcent Kibi) couvre 2.200 hectares et abrite le 10e Wing Tactique et ses trois escadrilles de combat: la 349e (interception), la 31e et la 23e (attaque au sol), plus une unité d’instruction, l’OCU.
La base est plutôt bien gardée. Chiens, fils barbelés. Il faut montrer patte blanche. K.-B. abrite nos F-16, mais aussi plusieurs bombes atomiques américaines B-61, destinées à être larguées par des F-16 de l’Otan en cas de guerre catastrophique. Ne comptez pas sur les militaires pour vous parler de ce sujet.
En voiture, de Bruxelles, il faut plus d’une heure pour se rendre à K.-B. `Les F-16, eux, font ce trajet en quatre minutes et 40 secondes´, explique John Vandebosh, pilote de chasse qui nous accueille. Forcément, avec une vitesse de croisière de quasi 1.000 km/h et des pointes à 2.000 km/h, le F-16 est dans une autre dimension.
L’exercice que nous avons pu suivre concernait quatre avions de la 23e escadrille, les Diables, une escadrille bientôt fusionnée avec la 31e, les Tigres. Leur mission: détruire un objectif au sol, en l’occurrence un camion au centre du champ de tir voisin de Helchteren, au moyen de bombes MK-82. Interdiction en Belgique d’utiliser de vraies bombes, évidemment. Pour des entraînements avec bombes ou missiles réels, mais aussi pour voler à très basse altitude, nos pilotes doivent plusieurs fois par an aller à l’étranger, aux Pays-Bas, en Allemagne mais aussi au Maroc, au Canada ou aux Etats-Unis.
Ici, les bombes seront en béton, conçues pour imiter au mieux le largage et la chute de vraies MK-82.
L’exercice va durer près de 6 heures au total, dont à peine 1 h 20 de vol. ` La préparation d’une mission comme celle-là est effectivement longue´, poursuit John Vandebosh.` Comptez une heure pour étudier le tracé sur les cartes, une heure de briefing, 15 minutes pour enfiler son équipement et se rendre à l’avion, puis 20 minutes pour le démarrer, 10 minutes pour rejoindre la piste. On vole environ 1 h 20. Puis au retour, comptez encore une heure de debriefing.´
Seule une partie du briefing et le debriefing nous ont été interdits d’accès. Secret défense. Pour le reste, lisez ci-contre et découvrez notre reportage photo.
Benoît Franchimont