Belgique

Le bourgmestre a signalé qu'il avait été informé suffisamment tôt du niveau atteint par les pics de pollution


Air : Charleroi en danger


CHARLEROI Charleroi dispose d'un plan destiné à répondre aux pics de pollution, dont la phase 1 a été mise en oeuvre dans les délais normaux, a expliqué mardi le bourgmestre Jean-Jacques Viseur, entouré du responsable du plan d'urgence et du commissaire en chef de la zone de police.

Au-delà de la polémique née des déclarations du ministre Lutgen selon qui Charleroi n'avait pas rentré de plan dans les délais prévus, le bourgmestre a signalé qu'il avait été informé suffisamment tôt du niveau atteint par les pics de pollution, soit le niveau 1, correspondant à 70 microgrammes de particules par m3.

Le gouverneur de la Province, en charge de la gestion de ce type de plan, en a été averti, a indiqué le bourgmestre.

Le responsable du plan d'urgence, Georges Duquet, a précisé en quoi consistent les mesures adoptées à ce niveau de pollution: le bourgmestre, l'échevin de l'Environnement et le responsable du plan d'urgence, une fois avertis, préviennent la police locale.

Comme l'a précisé le commissaire en chef Philippe Stratsaert, au niveau actuel, les contrôles sont mis en place, particulièrement aux endroits sensibles que constituent les abords de la route de Mons, afin de vérifier que les limitations de vitesse traditionnelles sont bien respectées.
Des informations sont diffusées via le site web de la police et les responsables des bâtiments communaux sont invités à diminuer la température d'un degré.

Parallèlement, depuis mardi matin, des limitations de vitesse ont été mises en place à l'initiative de la Région, tant sur le petit ring que le grand ring R3, où la vitesse maximale autorisée est passée de 120 à 90 km/h.
En phase 2, correspondant à une teneur de 100 microgrammes par m3, il est conseillé aux usagers, en zone urbaine, de limiter leur vitesse à 30 km/h. Il est également demandé aux poids lourds d'éviter les entrées de ville par la route de Mons à Marchienne-au-Pont et via la N5, en privilégiant l'utilisation du petit et du grand ring.

En phase 3, le non-respect de la limitation à 30 km/h ferait l'objet de procès-verbaux, et des conseils de confinement seraient donnés aux habitants.
On se trouve actuellement en phase 1 et on pourrait en passer en phase 2 mercredi, selon les prévisions fournies par la Cellule interrégionale de l'Environnement (Celine).

M. Duquet a également évoqué la possibilité, si la situation s'aggravait, de voir le TEC mettre davantage de transports en commun à la disposition des usagers, pour réduire l'utilisation des véhicules privés. L'an dernier, à l'occasion de pics plus importants, l'initiative en avait été prise par le TEC Charleroi.

Cette année, a-t-il indiqué, le problème de la pollution se pose dans un contexte différent: la cokerie de Marchienne, fortement polluante, a disparu; la sidérurgie, qui avait aménagé ses installations pour réduire ses émissions, est en outre fortement ralentie pour des raisons économiques; enfin, la circulation automobile est faible en raison des vacances scolaires.
Il n'empêche que si la situation s'aggravait avec un passage en phase 3, l'interdiction de circuler en voiture en ville pourrait être prise par un arrêté communal, mais tel n'est pas le cas actuellement, au vu des prévisions dont les services de l'environnement disposent.

© La Dernière Heure 2008