Belgique André Flahaut défend son président après l’attaque portée par Jean-Pascal Labille.

Le ministre francophone du Budget, André Flahaut (PS), défend son président de parti Elio Di Rupo après l’appel du secrétaire général de la mutualité socialiste Jean-Pascal Labille à un PS sans Elio Di Rupo pour retrouver les 30 % aux élections.

Fidèle de l’appareil, André Flahaut estime qu’Elio Di Rupo est l’"architecte" de la remise en marche du parti; il doit continuer à piloter le chantier jusqu’au bout. "J’ai été ministre de tutelle de la Régie des bâtiments. J’ai pu constater que chaque fois qu’on changeait d’architecte en cours de travaux, c’était le bordel", commente M. Flahaut. Ce dernier voit en Elio Di Rupo le président de la synthèse entre Guy Spitaels, qui avait ramené les socialistes au pouvoir en 1988, le plaçant à 40 % avec le retour du cœur, et Philippe Busquin, qui avait dû nettoyer les écuries après l’affaire Agusta.

Pour André Flahaut, Elio Di Rupo fait le job, il n’y a pas lieu de remettre cela en cause. "Nous avons besoin d’une ligne claire et de discipline. Le parti a décidé statutairement que la présidence serait renouvelée après la mise en place des coalitions en 2019. Paul Magnette aussi a indiqué qu’il serait candidat le moment venu", rappelle-t-il.

"Le PS a été renvoyé dans l’opposition par ce gouvernement fédéral qui rappelle les pouvoirs spéciaux des années 1980. Nous avons aussi été éclaboussés par certaines affaires. Le président Di Rupo a pris les choses en main, convoquant un vaste chantier des idées et œuvrant à une réforme statutaire pour une meilleure gouvernance. Il a aussi poussé vers la sortie les fauteurs de trouble, dans le respect du droit à la défense", résume le Brabançon wallon.

La mutualité socialiste et la FGTB déplorent de ne pas avoir été invitées au congrès de refondation du 26 novembre. "Le congrès des idées a conclu ce vaste chantier, en adoptant à 98 % les 170 recommandations, y compris en matière de santé et de travail, nées de débats intenses entre militants dans les fédérations. C’était le moment de l’expression des militants", réplique M. Flahaut.

"Il y a des moments où chacun s’exprime dans son organisation, d’autres où l’action commune prend le relais. Il y aura d’autres congrès où FGTB et mutualité socialiste seront invitées. Elles le sont d’ailleurs au Bureau de parti. On nous dit assez ailleurs que la mutualité et la FGTB sont à la remorque du parti ou son porte-voix", ajoute-t-il. Le ministre d’Etat appelle à "l’unité et à la cohésion" des socialistes.

De son côté, le secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB Thierry Bodson abonde dans le sens de Jean-Pascal Labille. "Quand je vais dans une assemblée syndicale ou une manifestation, les gens me disent : avec Elio, ça ne marchera pas", explique Thierry Bodson, qui y voit deux raisons. "D’abord, pour ce qu’il a accepté quand il était Premier ministre, même si les gens savent nuancer l’importance de la prise de décision d’un Premier ministre en coalition", relève M. Bodson. "Ensuite, les gens ne comprennent pas qu’on puisse passer du rôle de Premier ministre à celui de chef de l’opposition du jour au lendemain. Ce n’est pas l’homme qui est ici visé; ce n’est tout simplement pas crédible et cela pèse beaucoup."