Belgique Maingain veut renvoyer les deux partis dans l’opposition dans les communes.

Quand Olivier Chastel, président du MR, veut reconduire les majorités fédérale (MR, N-VA, CD&V, Open VLD) et régionale (MR-CDH) après les élections générales de mai 2019 ; quand Elio Di Rupo, son homologue du PS, défend une "coalition du progrès" PS-Écolo-Défi ; Olivier Maingain, lui, tranche : "Ni PS, ni MR, c’est ça notre message pour le 14 octobre." Le président de Défi y met quand même les formes. Il parle bien des élections communales du mois prochain, pas de celles de 2019. Et il précise que "si nous gagnons, si l’électeur nous en donne les moyens, ce sera pour renvoyer dans l’opposition ces deux partis qui ont fait tant de mal à la Wallonie". Olivier Maingain et son parti Défi tenaient leur congrès de rentrée politique, dimanche, dans la somptueuse ferme de Bilande à Wavre.

Entre 300 et 400 candidats et sympathisants avaient répondu à l’appel - "une marée humaine amarante et bouillante", selon le président de Défi Wallonie, Jonathan Martin. Un public bon chic bon genre réuni dans un lieu "symbolique", dixit M. Maingain, en raison de sa situation géographique. À Wavre. En Wallonie donc où le parti espère enfin réussir son implantation locale. Il y présentera près de 80 listes. Mais le lieu se trouve aussi à quelques encablures de la région bruxelloise, fief historique de Défi, et en bordure de la périphérie bruxelloise, haut lieu des luttes communautaires de l’ex-FDF.

Dans les discours, cinq au total, il a été question d’un peu de mobilité, d’un peu d’environnement, de pas mal d’économie, de beaucoup de démocratie participative et plus encore de gouvernance, une thématique propice aux attaques contre les adversaires politiques. Luc D’Hondt, chef de file à Wavre et en Brabant wallon, a dénoncé "les scandales à répétition dont nous ont abreuvés les partis traditionnels".

"Beaucoup de scandales, beaucoup d’affaires qui ont noirci l’image de la politique", selon Michaël Vossaert, tête de liste à Molenbeek et président de Défi Bruxelles. Un code éthique dans les communes face à eux, Défi veut "porter un message constructif sur la gouvernance dans les communes et sur le renouveau". Il adoptera un code éthique communal, a annoncé son président. "La gouvernance est le fondement inébranlable de notre présence en Wallonie", appuie Jonathan Martin. "Le temps d’une alternative responsable et crédible est possible." Renouveau et alternative. Les termes résonnent encore dans la salle lorsque l’ambianceur du jour annonce le discours de clôture d’Olivier Maingain, "président de notre parti depuis 1995"… Qu’à cela ne tienne. Standing ovation de rigueur. M. Maingain pose sa formation politique en rempart contre "l’Europe du front des fascistes, des nationalistes-populistes. Nous allons les combattre". Combat dont le point de départ, dit-il, se situe "dans l’ancrage local". Et de conclure : "La Wallonie va permettre de nous déployer pleinement."