Belgique Faut-il encore, en 2018, passer par la case affichage pour avoir ses chances lors d’une élection, en particulier communale ? À l’heure de la communication numérique reine, on serait tenté de répondre non. Et pourtant…

Les affiches électorales "un folklore coûteux devenu inutile" ? C’est ce que laissait entendre le politologue gantois Herwig Reynaert au micro de Radio 1 (VRT) il y a quelques mois. Pourtant, à l’approche des élections communales de ce 14 octobre, les visages des candidats s’étalent encore et toujours, collés, superposés, parfois même affublés de nez rouges, sur leurs panneaux de bois. Contacté par la rédaction, Herwig Reynaert relativise aujourd’hui son affirmation. "Les affiches électorales ne sont pas inutiles , dit-il. Elles restent un moyen efficace de toucher certains électeurs, particulièrement ceux qui sont peu présents sur les réseaux sociaux." "Et même ceux qui sont présents !", ajoute Min Reuchamps, professeur de sciences politiques à l’UCL. "Les réseaux sociaux fonctionnent grâce à des algorithmes qui rassemblent les personnes partageant les mêmes opinions, il est donc très difficile de toucher tous les publics. Alors que dans la rue, les affiches sont visibles par tout le monde", explique-t-il.

Les partis politiques sont aujourd’hui obligés de combiner différents modes de communication que ce soit les réseaux sociaux, le porte à porte ou les débats télévisés. Mais ils ont aussi tout intérêt à ne pas abandonner leurs bonnes vieilles affiches renchérit Régis Dandoy, politologue au Centre d’Étude de la Vie Politique de l’ULB. Elles permettent au candidat de gagner en crédibilité : "lorsqu’un candidat rencontre une personne en face à face, un lien privilégié se crée. Mais une fois l’électeur convaincu, il est important qu’il sente qu’il n’est pas le seul à lui apporter son soutien".

Symbole du vote utile

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