Belgique Certains directeurs montent au créneau, selon eux, le classement socio-économique ne reflète pas la qualité de la pédagogie.

Le grand classement des écoles publié dans la presse, la semaine dernière, n’a pas fait que des heureux, au contraire. Alors que les rangs donnés aux établissements sont censés refléter uniquement le niveau socio-économique des parents des élèves, les directeurs craignent que leur école et ceux qui la fréquentent soient stigmatisés.

"Nous avons reçu de très nombreux coups de fil d’établissements choqués par la publication d’un tel classement", explique Conrad van de Werve, du Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec). Le Segec n’a donc pas hésité à faire directement parvenir un courrier à toutes ses écoles. Il y précise : "Ce classement ne dit rien sur la qualité du travail mené dans les écoles. Au-delà des écoles, ce sont en réalité les élèves qui les fréquentent qui sont ici stigmatisés."

Et c’est justement le point qui fâche. Ce classement n’analyse en rien la qualité de l’enseignement dispensé dans une école. "Je fais tout pour que mon école soit une école normale, avec des cours et des enseignants normaux. D’ailleurs ici, tout se passe très bien, et notre école est complète tous les ans", note Christophe Ottermans, directeur de l’Institut des Ursulines-Sacré-Cœur de Koekelberg, classée au rang 1. "On ne dit rien sur le niveau de réussite des élèves. Ce n’est clairement pas parce qu’on a un rang peu élevé que nos élèves sont forcément plus mauvais qu’ailleurs ou que le projet pédagogique est moins bon", ajoute-t-il.

"Chez nous, c’est toute l’équipe pédagogique qui a été blessée. Ce type de publication est désastreux pour une école comme la nôtre", plaide François de Waele, directeur de l’école secondaire Saint-Joseph à Charleroi (rang 4).

Du côté du cabinet de la ministre de l’Enseignement, on a décidé de soutenir les directeurs. "Le but de ce classement est de pouvoir déterminer, avec des critères presque scientifiques, quelles écoles ont besoin de moyens supplémentaires pour assurer l’égalité entre tous les élèves."

Certaines écoles moins bien classées sont d’ailleurs très proactives dans l’innovation au niveau pédagogique. L’Athénée Royal Gatti de Gamond (Bruxelles-Ville), par exemple, est devenue l’une des pionnières en matière d’accompagnement des jeunes enseignants. Elle est pourtant classée au rang 1, soit le rang le plus bas.



Un classement scientifique

De plus défavorisé à plus favorisé, leur cote va de un à vingt. Elle permet à l’administration d’attribuer plus ou moins de subsides en tenant compte de la réalité socio-économique des élèves qui y sont scolarisés. Le calcul est simple : plus la note est basse, plus les écoles se voient attribuer des moyens supplémentaires pour leur bon fonctionnement. Ainsi, les établissements ayant entre 1 et 5 sont considérés comme relevant de l’enseignement différentié et bénéficient d’une enveloppe additionnelle.

Il a été question il y a quelques mois de faire disparaître cette dernière. Elle a finalement été maintenue par Joëlle Milquet (CDH), ministre de l’Education. Quant aux écoles qui obtiennent les meilleures notes, entre 16 et 20, elles se doivent de contribuer afin d’aider au financement des plus pauvres.

Les critères qui permettent de classer les écoles sont au nombre de quatre. Le premier est le revenu par habitant de l’endroit où vit l’élève. Le deuxième se base sur le niveau de diplôme des habitants du quartier. En troisième place viennent le taux de chômage et le taux d’activité. Finalement, est aussi pris en compte le confort des logements des élèves. Ils contribueraient, selon la FWB, à la réussite scolaire du jeune en question.