Belgique Magda Aelvoet y pense. De meme, elle compte renforcer les soins palliatifs à domicile

BRUXELLES Ministre de la Santé publique, de la Protection du consommateur et de l'Environnement, Magda Aelvoet brasse des compétences qui touchent au plus près aux préoccupations des citoyens. Dans le cadre de l'entretien publié dans nos éditions de dimanche, elle a dévoilé une série de projets qui viendront à court terme.

Ainsi, indique-t-elle, "grâce aux marges dégagées par le budget de l'Inami, nous allons pouvoir investir plusieurs centaines de millions afin d'assurer une meilleure prise en charge des soins palliatifs. Nous comptons renforcer le financement des soins palliatifs à domicile, afin de permettre aux patients qui le souhaitent de pouvoir etre pris en charge à la maison, sans souffrir des lourdes pénalités financières qui les frappent actuellement. Il conviendra aussi d'augmenter les moyens disponibles pour les lits palliatifs dans les cliniques, afin de permettre, notamment, de prolonger la durée d'accueil."

Par ailleurs, poursuit Mme Aelvoet, un effort sensible sera consenti dans le domaine de la psychiatrie pédiatrique, qui souffre de structures très mal adaptées. "Nous allons procéder à des investissements pour créer davantage de centres spécialisés et accentuer la formation de psychiatres très pointus dans la prise en charge des enfants."

A propos du personnel infirmier, Magda Aelvoet va instaurer, dans chaque hôpital, "une personne-ressource chargée d'encadrer les infirmières et les infirmiers débutants ou ceux qui reviennent après une absence prolongée. Ceci permettra de dégager du temps pour les infirmières en place, qui ont bien d'autres choses à faire..."

Concernant directement les patients, elle proposera à la Chambre d'examiner, en octobre, un préprojet de loi relatif au droit des patients. "J'y évoquerai des thèmes majeurs comme l'information, la transparence, le consentement Les erreurs médicales s'inscrivent dans ce contexte."

La contraception des jeunes retient également son attention. "Distribuer gratuitement des préservatifs dans les écoles relèverait d'une certaine logique", explique Mme Aelvoet. "Les préservatifs ne sont pas bon marché, alors qu'il est souvent délicat, pour un jeune, de se rendre dans une pharmacie pour s'en procurer. Je réfléchis donc à la question. Des contacts doivent etre pris avec les entités fédérées, elles aussi compétentes dans ce domaine."

A propos de la qualité de notre alimentation, il conviendra d'encourager l'autocontrôle, par les professionnels du secteur, de la chaine alimentaire. "Toutefois, il faut leur faire comprendre que si les résultats ne suivent pas, nous prendrons des sanctions. J'ai déjà agi de la sorte à propos du tabac dans le secteur Horeca, et la situation s'est améliorée. Je ferai de meme ici!"

Enfin, alors que des reportages ont montré combien le transport du bétail pouvait se dérouler dans des conditions abominables, Mme Aelvoet confie avoir pris des contacts avec le ministre de la Justice, "afin de renforcer la politique de sanctions et de poursuites."