Belgique

La classe politique, tous partis confondus, s'est indignée jeudi à l'occasion de la rentrée du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de la banalisation du discours raciste, après le témoignage vidéo publié mercredi soir par la présentatrice météo de la RTBF, Cécile Djunga.

"Ces dérapages sont inadmissibles dans une société comme la nôtre", a notamment commenté François Desquennes (cdH), plaidant pour la mise en place en Fédération d'une "vraie stratégie" contre le racisme.

Tout aussi interloqué, Olivier Maroy (MR) a appelé le gouvernement à en faire davantage pour renforcer la modération des commentaires sur les forums présents sur internet, ainsi qu'en matière d'éducation aux médias, aujourd'hui insuffisante, selon lui.

Tout en partageant cette indignation, Eliane Tillieux (PS), mais surtout Christos Doulkeridis (Ecolo), ont pointé un doigt accusateur envers certaines personnalités politiques - "parfois des membres du gouvernement"- qui, selon eux, ont encouragé cette libération de la parole raciste.

"Quand un homme politique dit qu'il va +nettoyer+ un parc en parlant, non pas de déchets, mais de gens, alors il ne faut pas s'étonner (qu'il y ait cette libération des propos racistes)", a lancé le député vert, en référence à la polémique l'an dernier autour des propos du secrétaire d'Etat Theo Francken.

Pressé par plusieurs députés de porter plainte avec la RTBF pour défendre Mme Djunga, le ministre des Médias Jean-Claude Marcourt a précisé que la Fédération ne pouvait exciper aucun préjudice direct dans cette affaire, ce qui mettait en doute la recevabilité d'une éventuelle plainte de la Fédération.

Le ministre a néanmoins apporté tout son soutien à la présentatrice météo victime d'attaques racistes récurrentes.

"C'est l'illustration d'une société profondément malade, qui fait que certains se croient libres de tenir ces propos de manière libérée", a-t-il jugé devant l'assemblée.

Ce racisme, qui est un héritage du passé colonial, a-t-il rappelé, se doit d'être combattu dès l'école, mais aussi dans les médias "pour faire passer un message de paix entre nous".

M. Marcourt voit aussi dans cette expression raciste le résultat des discours ambiants "où les migrants, surtout africains, sont présentés comme la cause de tous les malheurs de l'Europe".

"Ce n'est pas l'étranger le problème, c'est la société qui l'est", a-t-il objecté, déplorant une société aujourd'hui davantage animée par un esprit de cupidité que par les valeurs humaines.