Belgique

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a pris ses distances lundi avec les déclarations du secrétaire d'État Theo Francken, mais ne les a pas condamnées et juge qu'elles ne doivent pas donner lieu à des excuses.

"Je ne pense pas que l'on doive présenter des excuses parce que l'on a une opinion, tout le monde peut avoir des opinions sur tout", a expliqué M. De Wever à la VRT. "Mais il s'agit ici de ce que dit le parti. Et ce que dit le parti à propos de l'identité sexuelle des gens, c'est qu'il ne peut y avoir d'obstacle dans une société libre au XXIe siècle".

M. Francken a suscité la polémique dimanche après un message publié sur Facebook. (Les détails du message ici)

Le secrétaire d'État a précisé son message, en expliquant qu'il ne s'opposait en rien à ce type de comportement et qu'il ne voulait nullement offenser la communauté "holebi" dont, dit-il, il défend les droits depuis longtemps. Le tollé ne faiblissant pas, il a finalement retiré son commentaire.



La secrétaire d'Etat à l'Egalité des Chances, Zuhal Demir (N-VA), réagit aussi

La secrétaire d'Etat à l'Egalité des Chances, Zuhal Demir (N-VA), a insisté lundi sur le droit de chacun de vivre son identité sexuelle comme il l'entend. "L'identité sexuelle est une liberté individuelle que chacun vit à sa manière et dont personne d'autre ne doit se mêler. Continuez à acheter les sous-vêtements dans lesquels vous vous sentez bien", a-t-elle écrit sur Twitter.

A son message, Mme Demir a joint une photo du chanteur Iggy Pop et cette phrase en anglais: "Je n'ai pas honte de m'habiller en femme parce que je ne pense pas que ce soit honteux d'être une femme".


Plusieurs associations de défense des droits des homosexuels et transgenres ont exprimé leur indignation. Leur coupole en Flandre -çavaria- a réclamé des excuses du secrétaire d'Etat. Du côté francophone, Arc-en-Ciel Wallonie s'est joint aux critiques et a appelé tant Mme Demir que le Premier ministre, Charles Michel, à réagir, estimant que "le silence n'a jamais servi les droits humains".

Dans le monde politique, le président du sp.a, John Crombez, a dit son attachement au droit de chacun de vivre son identité comme il l'entendait. "Parce que le combat pour être soi-même est le combat de tous", a-t-il dit.

"Nous n'acceptons pas les propos dénigrants sur la diversité individuelle, ni maintenant, ni jamais", a lancé Groen tandis que le député Benoît Hellings (Ecolo) attendait du Premier ministre et des autres membres de la coalition fédérale une condamnation.

"On pourra faire tous les plans d'actions qu'on veut pour lutter contre les violences homophobes ou transphobes, ils ne serviront jamais à rien si on laisse un membre influent du gouvernement tenir impunément des propos aussi stigmatisants", a-t-il averti.


On soupire dans la majorité

Dans la majorité, le président du MR, Olivier Chastel, a loué "la liberté d'être soi-même, quel que soit son genre ou son orientation sexuelle".

A l'exception de Mme Demir, la discrétion était de mise dans les rangs gouvernementaux. En coulisses, l'on soupirait toutefois devant la sortie de M. Francken. L'on mettait en avant l'action de l'exécutif dans ce domaine, notamment par la loi de mai 2017 qui a considérablement assoupli la procédure de changement de sexe et supprimé l'obligation de stérilisation s'appliquant jusqu'alors.