Belgique Chaque année, certaines entreprises logent leurs ouvriers à l’hôtel pour leur éviter de passer trop de temps sur les routes.

Un certain nombre d’ouvriers du secteur de la construction sont hébergés chaque année dans des hôtels situés à proximité du chantier dans lequel ils travaillent afin que ceux-ci ne perdent pas leur temps dans de longs allers-retours. Une réalité parfois méconnue du grand public mais rapportée lundi par la presse flamande. "Il s’agit surtout d’entreprises de l’est de la Flandre qui doivent aller travailler dans l’ouest et qui ne souhaitent pas faire de city-trips quotidiens à travers toute la Flandre", expliquait ainsi Het Laatste Nieuws.

Pour la fédération Horeca Bruxelles, l’occupation par des ouvriers du secteur de la construction de ses hôtels n’est en rien une nouveauté, même si le phénomène n’est pas quantifiable. "Une des raisons principales est selon moi le recours massif aux travailleurs étrangers dans ce secteur. Il y a beaucoup d’ouvriers qui viennent par exemple de Pologne ou du Portugal. Il faut bien que ceux-ci soient logés quelque part. Après, hôtel n’est pas synonyme de luxe. Il y a plein d’hôtels sans étoile", explique son président Yvan Roque.

Reste que les cas rapportés au nord du pays ne concernaient pas des travailleurs étrangers logés à plein-temps, mais des travailleurs locaux logés durant quelques jours ou semaines. "Les cas existent, mais cela consiste en général en quelques nuits, et cela reste encore exceptionnel. C’est d’ailleurs mieux pour les ouvriers de pouvoir rentrer chez eux", explique le secteur de la construction flamand. "Du côté wallon, les problèmes de mobilité sont de plus en plus une source d’inquiétude, mais cela concerne surtout la Flandre", explique Francis Carnoy, directeur général de la Confédération construction wallonne (CCW).

D’un point de vue légal, les entreprises de construction sont obligées de participer aux frais de logement et de nourriture dans un certain nombre de cas. Il arrive effectivement que certaines entreprises wallonnes soient plus généreuses que ne le prévoit la loi, soit pour des raisons de sécurité, soit pour attirer certains profils. "Prenons l’exemple d’un chantier dans le fin fond des Ardennes en hiver : on peut imaginer que l’entreprise hébergera peut-être ses ouvriers. Que ce soit pour des raisons de sécurité ou tout simplement pour trouver des candidats", indique Philippe Stienon, conseiller délégué au département social de la CCW.