Belgique Demain, 10 octobre, nouvelle journée de grève sur le rail belge. En France aussi, la SNCF tournera aussi à l’arrêt. Une coïncidence, certes, mais qui soulève des questions sur les actions syndicales. Comme celle-ci  : la culture de la grève est-elle plus poussée chez nous que dans le reste de l’Europe ? Réponse : Oui… Et non.

Selon les chiffres de l’Institut der deutschen Wirtschaft (IW), qui compare chaque année les statistiques de 22 pays de l’OCDE, la Belgique n’est pas une championne de grève. Chaque année, la Belgique atteint 79 jours de travail par 1.000 travailleurs. C’est beaucoup moins qu’en France (123 jours ouvrables perdus pour 1.000 travailleurs) ou qu’au Danemark (118). Mais cela reste deux fois plus élevé que la moyenne européenne.

Autre précision : seul le gouvernement Dehaene I (1992-1995) a connu plus de grèves que la suédoise. En effet, selon l’Office National de Sécurité sociale (ONSS), depuis l’entrée en fonction du gouvernement Michel, il y a eu en moyenne plus de 42.000 jours de grèves par mois. Cela ne signifie pas pour autant que la contestation sociale a épargné les autres formations fédérales. Ainsi, toujours selon l’ONSS, le gouvernement Di Rupo avait essuyé davantage de jours grèves (732.457) que les quatre gouvernements précédents réunis.

Bref, pour vivre sans grève, il faudrait déménager au Japon ou en Slovaquie. Voire en Suisse (1 jour) ou en Autriche (2 jours). À noter qu’en Allemagne et aux Pays-Bas, les grèves sont également moins fréquentes (7 à 8 jours).