Belgique

Les demandeurs d'emploi de cinquante ans et plus, au chômage depuis plus d'un an, ne seront finalement pas soumis à une révision des modalités de calcul de leur pension, a décidé jeudi le comité ministériel restreint.

Le gouvernement fédéral entend cependant accentuer l'activation de ce groupe de demandeurs d'emploi. Il demandera à cette fin un avis du conseil national du travail et entamera une concertation avec les entités fédérées. Selon une décision préalable prise dans le cadre de l'accord budgétaire, les demandeurs d'emploi de plus d'un an, appartenant à la catégorie des cinquante ans et plus allaient voir le calcul de leur pension reposer sur un montant de base et non plus sur leurs derniers revenus, ce qui aurait occasionné une perte pouvant aller jusqu'à 140 euros par mois. Cette décision répondait à la volonté du gouvernement de favoriser la valeur travail.

Après la controverse suscitée par une telle mesure, dénoncée par l'opposition et les syndicats, le gouvernement a finalement décidé jeudi de renoncer à une telle évolution. Cette réforme des "périodes équivalentes" entrera en revanche bien en vigueur pour les catégories de moins de cinquante ans.

"Content que le gouvernement ait compris que c'est une mauvaise mesure"

Le président du sp.a, John Crombez, est satisfait que le comité ministériel restreint ait décidé de ne finalement rien changer au système de pension des chômeurs de plus de 50 ans. John Crombez espère que ce pourra être le début d'un "vrai débat sur les pensions qualitatives du futur". "Je suis très content que le gouvernement ait compris que c'était une mesure particulièrement mauvaise", indique John Crombez. Le président du sp.a espère que le gouvernement "s'éloigne maintenant de cette vision d'économies" en matière de pension et que la décision de ce jeudi sera le début d'un vrai débat sur les pensions.

Durcir l'accès à la pension anticipée "ferait travailler plus longtemps 1 pensionné sur 2"

La piste d'un durcissement de l'accès à une pension anticipée, qui serait envisagée par le gouvernement fédéral, aurait des répercussions "sur au moins la moitié des gens" qui avaient l'intention de faire valoir leurs droits à ce système en 2019, estime jeudi Celien Vanmoerkerke, spécialiste en matière de pensions au syndicat socialiste ABVV (FGTB). Selon De Tijd et L'Echo, le gouvernement envisagerait de durcir l'accès à la pension anticipée. Actuellement, le régime est accessible à 62,5 ans avec une carrière de 41 années. Mais à partir de 2019, cela ne sera possible qu'à 63 ans et après 42 années de carrière. La piste envisagée serait cette fois une modification des règles de calcul: pour qu'une année soit prise en compte, il faut avoir presté 104 jours mais, à terme, la barre serait mise à 156 jours.

Selon le syndicat socialiste, un tel changement aurait un impact énorme. "Celui qui pensait pouvoir prendre une pension anticipée en 2019 devra soudain travailler plus longtemps. Minimum trois mois mais cela pourrait aussi être deux ans", souligne Celien Vanmoerkerke.

D'après la FGTB, un pensionné sur deux désirant prendre une pension anticipée en 2019 serait concerné. "Ces personnes perdront la première année de travail de leur carrière. En effet, selon les statistiques, la moitié de la population débute sa carrière au cours du second semestre".