Belgique

La compagnie low-cost réclame également un million d'euros à l'aéroport. Motif: la grève survenue au mois de juin. Ryanair exige un service minimum


CHARLEROI La compagnie aérienne Ryanair suspendra ses vols au départ de l'aéroport de Charleroi (sud de la Belgique) à compter du 12 novembre, pour protester contre une grève en juin et obtenir un service minimum en cas de conflit, a-t-elle annoncé mercredi sur son site internet.

La décision de la compagnie irlandaise à bas coûts de suspendre ses vols s'accompagne aussi de la réclamation d'un million d'euros de dédommagements, a précisé le porte-parole de l'aéroport de Charleroi, Pierre Fernemont.

La grève du personnel de sécurité, qui s'était déroulée du 15 au 17 juin, avait entraîné la fermeture de l'aéroport et l'annulation des vols pour plus de 22.500 passagers de Ryanair.

L'administrateur délégué de l'aéroport de Charleroi, Marcel Buelens, doit se rendre jeudi à Dublin pour s'entretenir avec le patron de Ryanair, Michael O'Leary, a précisé le porte-parole. "Ryanair n'avait pas du tout apprécié la grève surprise et avait annoncé son intention de passer à l'action. La compagnie formule des exigences pour que cela ne se reproduise plus. Nous multiplions les contacts à tous les niveaux pour trouver une issue rapide et favorable", a commenté le porte-parole.

Ryanair est la locomotive de l'aéroport de Charleroi, passé en six ans grâce à la compagnie irlandaise d'un trafic de 200.000 passagers à 2,5 millions de passagers avec désormais environ 150 vols par semaine.

Sur son site internet, Ryanair indique à ses clients que la décision de suspendre les vols à Charleroi "est prise en attendant la résolution des problèmes qui ont causé la fermeture de l'aéroport pendant le week-end du 15-17 juin dernier".

"L'aéroport de Bruxelles Sud-Charleroi a assuré à Ryanair que des solutions sont en cours et dès lors Ryanair espère pouvoir reprendre ses vols très rapidement. Cependant Ryanair est déterminé à assurer ses vols seulement si la compagnie reçoit l'assurance qu'une éventuelle grève ne pourra plus bloquer cet aéroport international. Un plan d'urgence doit être opérationnel", a poursuivi la compagnie.

Dans une première réaction syndicale, la Centrale nationale des employés (CNE) a indiqué mercredi qu'il était hors de question de limiter le droit de grève. "M. O'Leary, tel un empereur de république bananière, entend supprimer un des droits les plus fondamentaux, inscrit dans notre Constitution", s'est insurgé le syndicat belge.

Dans un entretien publié mercredi dans la presse, le ministre wallon des Transports André Antoine s'est montré plutôt conciliant à l'égard de la compagnie: "je respecte le droit de grève mais en l'occurrence, je n'ai pas cautionné la manière employée et les motivations des grévistes étaient discutables".

Il rappelle toutefois avec une pointe d'amertume que la région a fait énormément d'efforts pour l'installation de Ryanair à Charleroi, permettant notamment que "les services de sécurité ne soient plus assurés par des fonctionnaires mais par des gens employés par la société gestionnaire de l'aéroport".

C'est précisément cette demande spécifique de Ryanair qui avait provoqué la grève des employés de sécurité en juin dernier. Depuis lors, un protocole d'accord a été signé à ce sujet avec les syndicats, qui doit encore être traduit en texte législatif.