Scandale: le sénateur imposé par le FN

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Belgique Le président du FN a créé la polémique, lundi, en annonçant sa volonté de coopter au Sénat son avocat, Michel Delacroix

BRUXELLES L’application des règles de calcul pour opérer l’attribution des sièges permet en effet au parti d’extrême droite de disposer d’un sénateur coopté en plus de son élu direct. Michel Delacroix n’est pas un inconnu des milieux politiques et judiciaires. Accusé de révisionnisme – ce qu’il dément – suite à des documents trouvés lors d’une perquisition menée chez lui, il a été condamné à un an de prison avec sursis pour détention d’armes.

Daniel Féret aime choyer ses proches. Le président du FN avait déjà favorisé l'élection de sa compagne, Audrey Rorive, au Parlement bruxellois. Cette fois, c'est son avocat, Michel Delacroix, qu'il décide donc de coopter jeudi au Sénat.

La nouvelle a créé la polémique, lundi. Car Michel Delacroix n'est pas un inconnu. Le conseil de M. Féret s'est déjà illustré dans la défense de divers clients d'extrême droite. Suspecté d'être révisionniste - ce qu'il dément - il a aussi été condamné à un an de prison avec sursis pour détention d'armes (lire ci-dessous).

Pourquoi le FN, qui a obtenu le 18 mai un député et un sénateur élu direct, peut-il coopter un second représentant dans la Haute assemblée? Par l'application d'une simple règle de calcul, la clé D'Hondt.

Au soir d'une élection, en fonction des voix obtenues, on répartit entre les formations les 15 sénateurs francophones à élire directement. Puis on continue le calcul pour savoir de quels partis seront les 10 sénateurs de communauté. On termine enfin le travail par la répartition des 4 sénateurs cooptés.

Présentés par leurs partis, ces derniers seront élus jeudi. Il y en aura 2 au PS, 1 au MR et 1 donc au FN, ce dernier ayant décroché la 29e et dernière place du calcul opérant la répartition des sièges. N'y a-t-il aucune chance d'y couper compte tenu de la polémique? Cela reste très incertain, même si l'annonce a secoué le petit monde politique.

Le président du FDF, Olivier Maingain, nous déclare ainsi remettre sur la table sa piste d'une alliance de tous les partis francophones pour barrer la route au coopté du FN. Mais les services du Sénat ont estimé fin de la semaine passée que la voie est juridiquement bancale.

La présidente du CDH, Joëlle Milquet, demande «solennellement» et «pour éviter une telle injure à nos institutions» au PS, au MR et à Ecolo de ne pas voter jeudi le rapport de la Commission du Sénat comprenant la désignation de M. Delacroix, que le parti qualifie d' «ennemi de la démocratie". On trouverait ensuite une alternative. Elle s'inquiète aussi de «la résignation» et du «fatalisme» de ses partenaires «si prompts à manifester et à s'indigner lorsque l'extrême droite augmente à l'étranger».

«Question de crédibilité»

Ecolo soutient la demande. La secrétaire fédérale Evelyne Huytebroeck parle d'un «épisode lamentable et effrayant», estimant que ce n'est pas une première, «M. Féret ayant lui-même aussi déjà eu des problèmes avec la Justice». Elle pense aussi qu'il serait bon de ne pas adopter le rapport jeudi pour «se donner un peu de temps et voir s'il n'existe pas de solution».

Le porte-parole du MR, Francis Burstin, rappelle pour sa part qu'il ne s'agit que de la «stricte application des règles de calcul prévues par la loi et auxquelles on ne peut rien changer». Pour lui, «la meilleure façon de lutter contre l'extrême droite n'est pas de se mettre soi-même dans l'illégalité».

Même son de cloche au PS où la porte-parole d'Elio Di Rupo assène que «tous les moyens doivent être utilisés pour combattre l'extrême droite, mais ils doivent être légaux: c'est une question de crédibilité.»


"Regrettable mais..."

L'arrivée annoncée de l'avocat du FN au Sénat choque les futurs élus

BRUXELLES «C'est malheureux!» Dans les rangs de tous les partis démocratiques, le même constat.

L'actuel président du Sénat, le libéral Armand de Decker, ne dit rien d'autre, même s'il tient à insister sur le fait que «la constitution et la loi électorale ont été respectées à la lettre. Il n'y a pas moyen de faire autrement. Cette cooptation résulte du chiffre électoral qu'a obtenu chaque liste. Il y a des règles à respecter et, même si l'on se trouve face à de tels cas de figure, nous devons respecter la loi.»

Dans tous les avis recueillis, un nom revient comme un leitmotiv: celui de Francis Delperée. L'homme riche de ses 60.000 voix de préférence ne se fait plus d'illusion sur son siège dans le futur Sénat. «La balle n'est pas dans mon camp, expliquait-il ce lundi. A court terme, la porte est close mais, dans un an, une nouvelle opportunité pourrait se présenter lors des élections régionales...»

Dans les rangs de son parti, le CDH, on se refuse à baisser les bras. «Tout plutôt qu'un élu de plus dans les rangs du FN», lance ainsi René Thissen, l'actuel chef de groupe humaniste au Sénat. «Il y a déjà eu des accommodements avec la loi électorale ces dernières années, on peut espérer qu'il en sera encore ainsi ce jeudi. Notre assemblée est maître de sa décision, il faut dès lors tout tenter pour empêcher de donner au FN un siège de plus et une opportunité supplémentaire de disposer d'une caisse de résonance extraordinaire comme celle du Sénat.»

Au CDH, on se dit déterminé à lutter contre l'arrivée annoncée de ce nouveau FN. «On n'exige pas la désignation de M. Delperée pour ce strapontin. Tout sauf un FN.» Mais si tel avait été la volonté des partis francophones, un signal aurait pu être envoyé plus tôt. «Vous savez, dans ce genre de crise, les décisions se prennent toujours au dernier moment.»

Alain Destexhe, sénateur MR, comme ses condisciples, regrette cette arrivée programmée. «Mais ce ne serait pas le premier extrémiste qui siégerait. Côté francophone, on a toujours su les tenir à l'écart. Il n'y a pas de raison de faire sauter le cordon sanitaire qui ceinture le FN à cause de ce nouvel arrivant!» «Trop simpliste, rétorque-t-on au CDH. Il s'agit de légitime défense face aux extrémistes. Bien sûr, si on parvenait à l'écarter au dernier moment, il s'agirait d'une décision éminemment politique, mais c'est un message que l'on se doit d'envoyer tous ensemble. Cela ne résoudra pas les problèmes de société qui ont amené ce candidat aux portes du Sénat, mais ce sera un signal fort de l'ensemble des formations francophones...»


© La Dernière Heure 2003

Christian Carpentier

Betfirst - Livepartners

Ailleurs sur le web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

Votre couple ou votre vie de famille passe au premier plan. Vous veillez à recréer une entente parfaite.

Taureau

Vous menez votre barque, tant sur le plan financier que professionnel. Vous avez le courage de vos opinions.

Gémeaux

Vos enfants n’en font qu’à leur tête. Vous allez devoir les cadrer au plus vite pour ne pas être débordé.

Cancer

Vous réagissez à la moindre remarque. Le dialogue avec vos interlocuteurs est rompu.

Lion

Même si vous vous engagez dans quelques dépenses, vous restez néanmoins lucide sur votre budget.

Vierge

Vous vous sentez seul face à une grande décision qu’il vous faut prendre dans une certaine urgence.

Balance

Vous tendez à remettre à demain certaines tâches dont vous ne pouvez pas faire l’impasse.

Scorpion

En couple, vous déplorez votre quotidien insipide, tandis qu’aucune rencontre ne marque les cœurs solitaires.

Sagittaire

Vous demandez à votre employeur ou un client un délai supplémentaire pour terminer ce que vous avez entrepris ou promis.

Capricorne

Ne cédez pas à la tentation d’une relation ou d’une aventure sans lendemain. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Verseau

Votre audace ou votre esprit d’entreprise est remarqué par votre employeur. Vous pouvez prétendre à une promotion.

Poissons

Vous êtes très complice avec votre partenaire. Vous vous laissez aller à quelques confidences.

Facebook