Belgique L’AWSR relance la campagne Backsake contre l’alcool au volant chez les jeunes.

Le phénomène est connu, mais loin d’être endigué : les jeunes conducteurs sont trop nombreux à se tuer sur nos routes, souvent sous l’influence de l’alcool. Manque d’expérience, tendance à prendre plus de risques, ivresse au volant, drogues : les facteurs sont connus. L’AWSR (Agence wallonne pour la sécurité routière) tire (à nouveau) la sonnette d’alarme face à ce phénomène plus qu’inquiétant, à l’approche de l’été, des festivals et autres sorties nocturnes.

Elle rappelle que "les accidents de la route sont la principale cause de mortalité des jeunes hommes de 20 à 24 ans, et une cause de mortalité importante des jeunes femmes du même âge." L’AWSR l’a calculé : c’est à l’âge de 19 ans que le danger est maximal pour un conducteur. Pour un même trajet, le risque d’accident corporel par kilomètre parcouru est 6 fois plus élevé pour les hommes de 19 ans que pour ceux de 32-64 ans. Pour les femmes du même âge, il n’est "que" 3 fois plus élevé.

Il n’existe pas de solution miracle. Mais l’AWSR veut agir : elle relance cet été son label Backsafe, créé en2015. Elle octroie ce label à tout type d’événement festif qui prend des initiatives pour favoriser le retour à domicile. Une cinquantaine d’événements et établissements ont déjà été labellisés, dont une trentaine de festivals cet été (Ardentes, Francofolies, Esperanzah, Fêtes de Wallonie, etc.).

Car en Wallonie, en 2015, les 18-24 ans représentaient près de 15 % de l’ensemble des tués. " Cela représente 48 décès, autrement dit près d’un jeune tué sur nos routes par semaine ! ", lance Belinda Dematia, porte-parole de l’AWSR. Les accidents impliquant un jeune conducteur ont causé le décès de 54 personnes et des blessures à 3.528 personnes. Les faits sont clairs et nets. En 2015 en Wallonie, respectivement 16 %, 18 % et 14 % des conducteurs impliqués dans des accidents âgés de 18-24 ans, 25-34 ans et 35-64 ans étaient sous l’influence d’alcool. Principalement des hommes. Pourtant, selon un sondage de l’AWSR, les jeunes sous-estiment ces risques. À l’affirmation "conduire sous influence accroît considérablement le risque d’accident", seuls 40 % des 18-24 ans se sont déclarés "tout à fait d’accord" ! Contre 64 % chez les 55-69 ans.

En outre, 41 % des 18-24 ans reconnaissent que la plupart de leurs connaissances conduisent sous l’influence de l’alcool. C’est plus que pour n’importe quelle classe d’âge.

2.272 retraits de permis chez les jeunes conducteurs

Les dernières campagnes BOB l’ont encore rappelé : les jeunes conducteurs ne sont pas les derniers en matière de consommation d’alcool au volant, provoquant de nombreux accidents graves, en particulier le week-end. Selon les données extraites de la banque de données des tribunaux et parquets de police le 14 février 2017, et divulguées par Koen Geens (CDV), ministre de la Justice, nous éclairent à ce sujet. Le nombre de "retraits immédiats du permis de conduire" pour les conducteurs qui ont leur permis depuis moins de deux ans n’a pratiquement pas cessé d’augmenter depuis 2010. Il y a 7 ans, on dénombrait ainsi 1.969 retraits immédiats pour des jeunes conducteurs (moins de deux ans de permis), contre 2.174 en 2013, 2.240 en 2014 et 2.272 en 2015.

Autre élément : le nombre de retraits est nettement plus important en Flandre et à Bruxelles, même en prenant en compte sa population plus grande : 1. 266 retraits de permis ont été enregistrés en 2015 dans le nord du pays, pour 365 à Bruxelles et seulement 641 en Wallonie.