Belgique

Comme annoncé lundi par les syndicats, des agents pénitentiaires ont cessé le travail mardi dans de nombreuses prisons, au nord comme au sud du pays. Ils protestent contre le projet du gouvernement fédéral d'imposer un service minimum garanti en cas de grève. Selon l'administration pénitentiaire, 57% des agents se sont présentés ce mardi matin dans les prisons francophones, contre un peu plus de 65% en Flandre. "Pour l'heure, à Jamioulx et Mons, 90% des agents ont décidé de faire grève, à Lantin 50% et à Marche 30%", détaille la secrétaire permanente de la CSC Services publics, Claudine Coupienne.

Les effectifs sont également réduits dans les prisons de Leuze-en-Hainaut et Saint-Hubert (environ 70% des agents en grève), de Nivelles (46%) et de la prison pour femmes de Berkendael, où aucun agent ne s'est présenté.

A Jamioulx, Mons et Lantin, notamment, des piquets de grève ont été installés. "Les agents ont les yeux tournés vers le nord du pays. Le mouvement va-t-il prendre la même ampleur en Flandre? C'est la question qui est sur toutes les lèvres ce matin", précise la représentante syndicale.

Selon l'administration pénitentiaire, quelque 65% des agents ont enfilé leur uniforme dans les prisons flamandes. Certaines d'entre elles tournent néanmoins avec moins de la moitié du personnel, comme les prisons centrale (8,82%) et secondaire (36,84%) de Louvain ainsi que celles de Merksplas (47,62%), Saint-Gilles (17,95%), Tongres (40%) et Turnhout (38,46%).

A Saint-Gilles, sept agents de police ont été appelés en renfort à partir de 7h30, tout comme dans la prison centrale de Louvain.

Vendredi dernier, le gouvernement fédéral a approuvé en première lecture un avant-projet de loi du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) qui instaure un service garanti dans les prisons en cas de grève dans le secteur pénitentiaire. Le texte doit encore être soumis à la concertation sociale formelle au sein du Comité de secteur 3, compétent pour les établissements pénitentiaires.

Les syndicats dénoncent une atteinte au droit de grève avec la menace du gouvernement de réquisitionner des agents. La CGSP et la CSC Services publics avaient annoncé lundi qu'elles couvriraient leurs affiliés à partir du 19 juin, au contraire du SLFP. L'organisation libérale estime que les actions de grève sont prématurées et donne la priorité à la négociation.

Jeudi, une nouvelle réunion des syndicats doit avoir lieu pour élaborer un plan d'action en front commun.