Belgique

Le mouvement de grève initié mardi matin dans de nombreuses prisons du pays "prend de l'ampleur", ont indiqué la CGSP-Amio et la CSC Services publics mardi en début d'après-midi. 

S'il est difficile de prévoir la situation qui prévaudra mercredi, certaines prisons devront néanmoins composer avec une réduction de personnel, parfois même jusqu'à lundi. Les agents pénitentaires protestent contre la volonté du gouvernement fédéral d'imposer un service minimum garanti en cas de grève prolongée. "Le mot d'ordre est bien suivi et la grève prend de l'ampleur", a affirmé le secrétaire fédéral de la CGSP-Amio, Michel Jacobs, vers 15h00. Selon lui, certains agents pénitentiaires ont déjà décidé de poursuivre l'arrêt de travail au cours des prochains jours. Ce sera le cas notamment dans les prisons d'Audenarde, de Saint-Gilles et de Saint-Hubert.

A Lantin et Jamioulx, les actions devraient également se poursuivre, selon Claudine Coupienne, de la CSC-Services publics, même s'il est difficile à ce stade de prévoir la suite des événements.

Au nord du pays, l'ACOD - le pendant flamand de la CGSP - évoque des actions "à durée indéterminée". "Ce ne sera pas une petite grève", a prévenu son secrétaire général Justice, Gino Hoppe.

Vendredi dernier, le gouvernement fédéral a approuvé, en première lecture, un avant-projet de loi du ministre de la Justice Koen Geens qui instaure un service minimum dans les prisons en cas de grève de longue durée et permet de réquisitionner le personnel.

Les syndicats, qui dénoncent "une attaque frontale au droit de grève", seront reçus jeudi à 12h30 par le ministre.

Ce mardi, de nombreux agents ont laissé leur uniforme au placard. Selon l'administration pénitentiaire, seuls 57% des gardiens de prison se sont présentés ce matin dans les prisons francophones, contre un peu plus de 65% en Flandre. La CGSP-Amio et la CSC avaient annoncé qu'elles couvriraient leurs affiliés en cas de grève dans les prisons, au contraire du SLFP qui juge ces actions prématurées.