Sites miniers classés : "Charleroi n'est pas l'anti-Bruges"

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Belgique

C'est avec émotion que le directeur du Bois du Cazier a appris l'annonce de l'Unesco

CHARLEROI Le directeur du Bois du Cazier à Marcinelle (Charleroi), Jean-Louis Delaet, s'est dit fort ému, dimanche après l'annonce de l'Unesco, de voir les charbonnages wallons figurer sur la liste du Patrimoine mondial au même titre que d'autres palais princiers ou cathédrales.

Charleroi a souvent été présentée, selon lui, comme "l'anti-Bruges". "Certes, Charleroi n'est pas Bruges mais selon l'Unesco, le Bois du Cazier et les trois autres sites miniers plébiscités méritent de figurer sur la même liste, sur un pied d'égalité", a-t-il affirmé. La décision de l'Unesco équivaut, selon Jean-Louis Delaet, à reconnaître l'histoire minière wallonne, qui est celle aussi de l'immigration. "Cette reconnaissance ne s'intéresse pas qu'à des briques, qu'à des structures d'acier", a souligné le directeur. "L'histoire de l'immigration est particulièrement palpable sur le site du Bois du Cazier". Le 8 août 1956, 262 mineurs y trouvaient la mort, dont une majorité de travailleurs d'origine étrangère. "L'inscription étant désormais actée, il faut désormais la conserver", a-t-il encore ajouté, précisant enfin que "les 4 sites miniers devront s'en montrer dignes".

Bois-du-Luc: "Une reconnaissance et un défi"

Le bourgmestre de La Louvière Jacques Gobert a accueilli avec une énorme satisfaction, dimanche, la décision de l'Unesco de faire entrer le site minier du Bois-du-Luc au Patrimoine mondial.
"C'est une grande fierté qui est le fruit d'un combat de toutes les forces vives de la région. C'est un sentiment exceptionnel pour La Louvière, dont le Canal du Centre a déjà été reconnu par l'Unesco. Il y a peu de villes au monde qui ont la chance d'être doublement reconnues", s'est réjoui Jacques Gobert. Celui-ci estime en outre que cette décision constitue "un nouveau défi" pour toute la région. "Nous allons devoir gérer le patrimoine du Bois du Luc où de nombreux travaux ont déjà été réalisés. L'éco-musée et le musée de la mine devront notamment oeuvrer, encore plus qu'hier, à la valorisation du site. Un plan stratégique de valorisation touristique devra être élaboré", a précisé Jacques Gobert.

"La mine inscrite dans les gènes"

La décision de l'Unesco d'inscrire les sites miniers du Bois du Cazier, du Grand-Hornu, du Bois-du-Luc et de Blegny-Mine au Patrimoine mondial est importante pour la Wallonie car "les Wallons ont la mine inscrite dans leurs gènes", a affirmé dimanche matin Eric Massin, le bourgmestre de Charleroi.
Pour Charleroi, cette décision coïncide, selon le maïeur carolo, avec d'importants efforts de mise en valeur du site du Bois du Cazier, frappé le 8 août 1956 par une tragédie qui avait fait 262 victimes. "Des moyens importants ont été investis pour faire du site un lieu de mémoire", a rappelé Eric Massin.
L'inscription du Bois du Cazier au Patrimoine mondial devrait permettre d'attirer davantage de visiteurs sur le site et il est possible d'intensifier la politique touristique en lien avec l'aéroport de Charleroi (BSCA), a encore souligné Eric Massin. Un parcours touristique de deux heures au départ de l'aéroport de Charleroi pourrait notamment être mis en place, selon le bourgmestre.

"Du côté de Charleroi, nous espérons maintenant que l'Unesco puisse également reconnaître les marches folkloriques de la région, et notamment celle de la Madeleine à Jumet, comme Patrimoine immatériel de l'Humanité", a enfin déclaré Eric Massin.

"Véritable reconnaissance de l'histoire"

"L'inscription, par l'Unesco, des 4 sites miniers majeurs de Wallonie sur la liste du Patrimoine mondial constitue une véritable reconnaissance de l'histoire, de la diversité et de la richesse des sites miniers de Wallonie et du patrimoine minier wallon en général", s'est réjoui dimanche le ministre wallon en charge du patrimoine, Carlo Di Antonio.

"Cette reconnaissance, fruit d'une collaboration constructive, n'est cependant qu'une étape dans la mission de conservation et de mise en valeur des sites miniers", a poursuivi le ministre qui voit dans cette décision de l'Unesco "une extraordinaire opportunité pour le développement patrimonial et touristique en Wallonie". Selon le ministre, les sites reconnus "condensent sur un espace réduit tous les aspects du patrimoine minier", "illustrent à eux quatre les flux migratoires intenses qu'ont connus les charbonnages wallons" et "témoignent de manière exemplaire de l'expérience de la Révolution industrielle en Europe continentale ainsi que de ses conséquences qui ont façonné nos sociétés actuelles". Le comité du Patrimoine mondial de l'Unesco tient actuellement sa 36ème session, à Saint-Pétersbourg. Hier/samedi, il avait déjà approuvé l'entrée du bassin minier du Nord de la France au Patrimoine mondial. Ce dimanche, ce sont les sites du Grand-Hornu, du Bois-du-Luc, du Bois du Cazier et de Blegny Mine qui rejoignent la liste, où ils côtoieront les autres sites wallons déjà inscrits (ascenseurs du Canal du Centre, beffrois wallons, cathédrale Notre-Dame de Tournai et les minières néolithiques de Spiennes).

© La Dernière Heure 2012

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