Belgique

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB depuis sept mois, a présenté mercredi devant la Commission infrastructure de la chambre, les priorités de son mandat à la tête de la société ferroviaire. Après avoir durement égratigné la culture d'entreprise qui prévaut à la SNCB, elle a présenté ses cinq priorités: sécurité, satisfaction des voyageurs, nouvelle culture d'entreprise, méthodes de travail efficaces et finances saines. De manière transversale, Sophie Dutordoir a d'abord exprimé sa volonté de recentrer le travail de la SNCB sur ses missions de base.

En matière de sécurité, elle a promis que l'ensemble du réseau serait équipé du système de freinage automatique ETCS en 2023. Pour les voyageurs, elle a rappelé que la SNCB bénéficiait d'un budget annuel de 50 millions d'euros et d'un budget supplémentaire "anti-terrorisme" de 43 millions d'euros d'ici 2020 destiné au développement des caméras dans les gares et les trains, à des dispositifs de sécurité dans les gares internationales et à Brussels Airport ainsi que de Securail.

La CEO a aussi dit vouloir s'attaquer à l'absentéisme, trop important à ses yeux. "Le taux de gravité est de 0,87% là où il est de 0,2% dans d'autres entreprises que j'ai pu observer", a-t-elle fait remarquer, y voyant là aussi un problème de culture d'entreprise.

En matière de satisfaction des clients. Sophie Dutordoir a notamment mis l'accent sur la communication, "via les médias sociaux, les applications mobiles, dans la gare et dans le train. Si un incident survient, il faut que le client sache à quoi s'en tenir. Tous les trois mois, vous verrez donc apparaître quelque chose de nouveau. Trois nouveautés seront ainsi implémentées jusqu'au 2e trimestre 2018."

La CEO a en outre rappelé la mise en oeuvre du futur plan de transport en décembre prochain, qui augmentera le trafic ferroviaire de 5,1%. Le plan pluriannuel d'investissement 2018-2022 sera présenté au 2e trimestre 2018. La finalisation des chantiers du RER sur les lignes reliant Bruxelles à Nivelles, Ottignies et Denderleeuw, sera réalisée. La gare de Fleurus sera réhabilitée pour desservir l'aéroport de Charleroi.

Enfin, une ligne internationale Namur-Charleroi-Maubeuge-Paris sera étudiée. En matière de tarification, "celle-ci devait contenir des prix régulés pour des produits précis (domicile-ravail et école), mais aussi pourvoir à des formes de liberté saine et de flexibilité qui permet de mieux capter et maximiser les places libres en heure creuse", a-t-elle indiqué. Les vingt plus grandes gares seront également équipées de Wifi. Sophie Dutordoir a également annoncé la "fin des gares pharaoniques" afin d'avant tout assurer le rehaussement des quais.

En matière de culture d'entreprise et de méthodes de travail, la CEO a mis l'accent sur le management des équipes et des projets. "Comment peut-on piloter une entreprise sans que l'on ne donne des objectifs mesurables et quantifiables? Fin de cette année et pour les 450 cadres supérieurs, un système d'objectifs sera installé", a-t-elle annoncé, mettant en avant sa volonté de promouvoir la mobilité des travailleurs ou encore le télé-travail quand cela est possible. Elle a également annoncé le rassemblement de toutes les équipes de direction dans un seul bâtiment à Bruxelles-Midi.

Mme Dutordoir a enfin promis qu'elle respecterait ses engagements en matière de gestion de la dette de la SNCB qui doit être stabilisée en 2020 au niveau du 1er janvier 2014, et ce malgré une baisse des dotations de l'ordre de 130 millions d'euros par an.

La SNCB abandonne un système de billetterie: "Je regrette les millions perdus mais j'assume"

"Je regrette les millions perdus mais j'assume", a affirmé Sophie Dutordoir mercredi devant la commission infrastructure de la Chambre à propos de la décision de la SNCB de mettre un terme au développement du nouveau système informatique de vente des billets, annoncée vendredi dernier par L'Echo et De Tijd. La SNCB travaille depuis 2012 sur le "New distribution system" (NDS), basé sur la technologie SAP, et certains de ses appareils y avaient déjà recours. Un retard important et un surcoût financier ont justifié l'arrêt brutal du NDS. La facture de l'échec représenterait entre 30 et 38 millions d'euros, selon les médias.

Cet échec s'ajoute à l'abandon, à la mi-septembre, du nouveau système de départ des trains (Dice), qui a coûté 11 millions d'euros.

"Ces projets étaient mal construits", a justifié Sophie Dutordoir devant les députés auxquels elle présentait mercredi ses priorités pour la SNCB. La CEO a rappelé que la SNCB mettrait désormais uniquement l'accent sur ses missions fondamentales. Elle a aussi taclé la situation du parc informatique de l'entreprise. "Il faut une réforme du département IT. La base est obsolète, les applications sont obsolètes et la manière dont les projets sont gérés est inacceptable. Aucune société sérieuse ne travaille de cette manière", a-t-elle dit.