Belgique

En période de forte chaleur, les admissions aux urgences augmentent. Les personnes institutionnalisées sont les plus touchées

Les admissions aux urgences pour des cas de déshydratation sont légion en cette période estivale. "Globalement, dans nos admissions générales, 20 % concerne la population gériatrique", constate le Dr Claude Hautain, médecin chef de la clinique des urgences à l'hôpital Marie Curie (CHU de Charleroi). "Lorsque les températures grimpent, il y a une majoration moyenne de 25 % de cette population aux urgences, soit une dizaine d'entrées aux urgences de personnes âgées déshydratées par jour. On constate de nombreux décès aussi, par ces temps chauds."

Ce sont essentiellement des personnes qui se trouvent en homes. "On constate que ce sont le plus souvent des personnes institutionnalisées", déplore l'urgentiste. "Ils sont plus sujets à la déshydratation. Malheureusement, les conditions dans les maisons de repos et de soins ne sont pas optimales : manque de personnel infirmier et soignant. En sous-effectif, les travailleurs dans les MRS ne peuvent pas être sur tous les fronts et ne peuvent pas proposer à boire régulièrement à tous les patients. Les personnes âgées souffrant de déshydratation arrivent alors en ambulance." Quid chez les personnes isolées, chez elles ? "Les familles sont plus vigilantes, mais il arrive aussi que ces personnes soient hospitalisées pour ces raisons."

Les profils les plus fragiles face à la chaleur, "ce sont ceux des personnes situées aux deux extrémités de la vie: les personnes âgées et les nourrissons. Les nouveaux-nés et nourrissons peuvent aussi être des victimes de la déshydratation. Ils ne peuvent généralement exprimer la soif que par des pleurs ou gémissements. Il faut parfois leur proposer de l'eau, en plus du lait."

Les personnes du troisième âge, elles, n'ont pas conscience de manquer d'eau. "La sensation de soif diminue chez les personnes âgées, ce qui est problématique", note l'urgentiste carolo. "Lors des périodes de fortes chaleurs, les besoins en eau sont majorés chez tout le monde." Huit verres d'eau par jour seraient à préconiser. "C'est une bonne moyenne. D'habitude, on doit boire entre 1,5 et 2 litres d'eau par jour. Une bouteille, c'est à peu près six verres. Deux de plus, c'est bien."

Selon lui, il n'y a pas que l'hydratation qui est importante. "Il convient aussi de se protéger de la chaleur. Les grandes baies vitrées génèrent de fortes chaleurs, il est préférable de se mettre à l'ombre, dans une pièce plus fraîche, qui a de petites fenêtres."

Bien repérer les signes

Comment repérer la déshydratation chez les personnes fragiles ? Le Dr Claude Hautain donne la marche à suivre: "Il y a un premier signe, commun, ce sont les muqueuses fort sèches. On a moins de salive. Ce sont les premiers signes. Ensuite, chez l'enfant, une perte de poids est généralement constatée. Lorsqu'un nourrisson perd 10 % de son poids, c'est un signe de déshydratation importante qui nécessite un passage à l'hôpital. Il faut les réhydrater par perfusion. La fontanelle plus creusée est un autre signe."

Chez la personne âgée, "la première chose qui souffre, c'est le cerveau. Il est rapidement atteint. Elles sont confuses, sensibles. Les muqueuses s'assèchent aussi. La langue rôtie, comme on l'appelle, est un signe. Elle est sèche." Si vous souhaitez vous assurer que votre aïeul n'est pas déshydraté, vous pouvez faire "le test du mouchoir : pincez la peau entre trois doigts au niveau de la clavicule. Si la peau met du temps à se raffermir, c'est un signe de déshydratation."