Belgique

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Théo Francken a indiqué mardi matin avoir décidé de "retirer la carte de séjour de l'imam", d'origine égyptienne Abdelhadi Sewif, de la Grande Mosquée de Bruxelles.

"On a eu des signaux très clairs que c'est un homme salafiste, très radicalisé, très conservateur et dangereux pour notre société et notre sécurité nationale", a précisé M. Francken, interrogé mardi matin par la chaîne de radio privée Bel-RTL. Pour le secrétaire d'Etat N-VA, "la Belgique doit prendre ses responsabilités dans son combat contre le salafisme". A ses yeux, il y a bien un problème "avec l'islam radical et le salafisme", et "non avec l'islam".

M. Francken n'exclut pas que cette décision soit source de tensions diplomatiques, mais il insiste sur l'importance de prendre ses responsabilités en la matière. Selon le secrétaire d'Etat, l'imam a introduit un recours contre cette décision auprès du Conseil du Contentieux des Etrangers dont les juges se prononceront au cours des semaines à venir.

D'après lui, le ministre de la Justice Koen Geens va intensifier le contrôle sur les flux financiers des mosquées en Belgique. Cela constitue "une priorité en Belgique".

Au cours des derniers mois, la commission d'enquête parlementaire sur les attentats avait notamment concentré son attention sur le rôle de la Grande Mosquée du Cinquantenaire dans la diffusion d'un islam ultra-rigoriste voire radical. En février et avril derniers, les auditions de son imam adjoint et ensuite de son directeur s'étaient déroulées dans un climat tendu, révélant un gouffre entre les parlementaires et les dirigeants de ce lieu emblématique du culte musulman en Belgique.

Tant l'imam adjoint de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, Mohamed Galaye N'Diaye, que Jamal Saleh Momenah, le directeur du Centre islamique et culturel de Belgique (CICB), avaient dit n'avoir pas eu connaissance de personnes passées par la Grande Mosquée qui seraient parties en Syrie, même si dans certains dossiers judiciaires ce passage apparaît. Ils n'avaient pas convaincu la commission du caractère modéré de l'islam pratiqué dans cet édifice religieux, restant flous sur le financement de l'institution.