Belgique

L'avocat Jos Vander Velpen, représentant les proches de la victime, s'est exprimé lundi, à la cour d'assises du Limbourg, devant les proches de Linda Doms, violée et assassinée en septembre 2015 par Renaud Hardy. 

L'accusé avait filmé les faits. "Nous sommes devant un tueur en série hors catégorie. Selon moi, il jouit toujours de cela. Il est comme une sorte de Hitchcock qui assiste à son propre film d'horreur", a déclaré l'avocat qui a fait des comparaisons avec un autre tueur en série Ronald Janssen. "Hardy est unique car jusqu'à présent je ne connais pas de tueur en série qui a filmé son propre massacre, sa propre expédition punitive. Il a voulu terminer son film d'horreur avec une 'happy end', que le jury le déclare irresponsable", a plaidé Me Vander Velpen.

L'avocat avait divisé sa plaidoirie en trois parties: l'irresponsabilité, l'assassinat de Linda Doms et la souffrance causée chez les proches parents.

"Nous sommes devant quelqu'un avec un palmarès sans précédent. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait en six mois. Je pense qu'il est plus dangereux que Ronald Janssen qui n'a jamais demandé de le déclarer irresponsable. Hardy a osé cela", poursuit Me Vander Velpen, qui a décrit l'accusé comme un être rusé et intelligent.

En 2016, Hardy connaissait, selon l'avocat, l'atout qu'il pourrait jouer pour expliquer son comportement devant la justice: son traitement contre la maladie de Parkinson associé à une consommation de cocaïne. "Des gens ont cherché la gloire pour étayer scientifiquement cette thèse", souligne l'avocat en pointant du doigt le neurologue néerlandais Chris Van der Linden. "Quel tour de magie a réalisé ce neurologue en concluant que Hardy est devenu tueur en série en raison de son traitement contre Parkinson. J'appelle cela des fausses informations. Nous avons entendu le médecin légiste Van Den Bogaert, qui a consulté une autorité imparable sur la maladie de Parkinson, dire que la thèse exploitée par Hardy n'a aucune base scientifique".

L'avocat a aussi critiqué le rapport du psychiatre Dillen. "Sans la maladie de Parkinson, Hardy n'aurait pas commis les faits. En suivant cette logique, Hardy est irresponsable", a ajouté Me Vander Velpen.


Renaud Hardy "est un psychopathe: enfermez-le et jetez la clef"

Me Jef Vermassen a clairement décrit Renaud Hardy, accusé du viol avec torture et de l'assassinat de deux femmes et de deux tentatives d'assassinat, comme un psychopathe tueur en série.

"Il y a tellement peu de similitudes avec notre mode de pensée qu'on le dirait sorti d'une autre planète", a déclaré l'avocat, qui défend l'actrice Veerle Eyckermans. "Et il est regrettable qu'il ne soit pas d'une autre planète car nous aurions pu l'y renvoyer." Pour Jef Vermassen, la seule solution est "d'enfermer Renaud Hardy et de jeter la clef". Selon l'avocat, le terme sociopathe convient encore mieux pour définir l'accusé. "Il ne peut tisser de liens étroits et solides avec les autres, car c'est un grand narcissique. Toujours moi, moi, moi." C'est aussi à cause de ce narcissisme que l'accusé a filmé la mort de Linda Doms, estime-t-il.

Le président a déjà dû rappeler à l'ordre l'accusé, qui faisait du raffut. "Je suis gravement malade, et je viens quand même à l'audience", a commenté Renaud Hardy. Le Malinois s'est ensuite calmé après une discussion avec son avocat, Me Frédéric Thiebaut.

Jef Vermassen a également soulevé le manque d'empathie de l'accusé, notamment lors de ses longues parties fines avec ses amies, qu'il filmait. "Après six minutes, Frieda lui demandait déjà d'arrêter, mais il ne l'a pas fait."

La manière dont il manipule les autres et le fait que l'amour ne se rapporte selon lui qu'au sexe montrent aussi la nature psychopathique de Renaud Hardy.

L'avocat ne perçoit pas non plus de sentiment de culpabilité chez l'accusé, pour qui "c'est toujours la faute des autres". Me Vermassen a encore avancé dans sa plaidoirie que l'accusé représentait un danger "pour toujours". "Enfermez-le et jetez la clef. (...) Ce sont des gens tellement différents qu'aucun remède n'existe."


"Hardy n'est pas un fou qui ne sait pas ce qu'il fait"

"Ce n'est pas un homme complétement fou qui ne sait pas ce qu'il fait", a déclaré lundi Me Vermassen devant la cour d'assises de Tongres, au sujet de l'accusé Renaud Hardy. L'avocat a contesté lundi les propos du neurologue Chris Van der Linden, qui avait indiqué que M. Hardy était selon lui devenu un tueur en série après avoir pris des médicaments contre la maladie de Parkinson. "Hardy est responsable. Ses impulsions sont aussi causées par ses troubles de la personnalité, qui n'ont toujours pas été résolus. Ses pensées meurtrières seront toujours présentes", a plaidé Me Vermassen.

"Renaud Hardy est quelqu'un qui agit consciemment, de manière réfléchie. Par exemple, au moment où il est sur le point de commettre le meurtre de Mme Doms, il s'interrompt pour contrôler le niveau de batterie de son appareil photo", a déclaré l'avocat de l'actrice Veerle Eyckermans, victime d'une tentative d'assassinat.

Me Jef Vermassen a également décrit l'accusé comme "sadique", "accro au sexe, à la drogue, au pouvoir et aux mises à mort" ainsi qu'appartenant à 90% à la catégorie des tueurs en série organisés. "Il est le maître, qui a ici un ego démesuré et est dénué d'empathie. Il ne s'arrêtait par lorsque les femmes avaient mal. Il continuait simplement."